Bernadette vit avec €883 de retraite. Une fois les factures payées, il lui reste environ €15 par jour. Mais elle s'en est toujours sortie, grâce à la débrouille
Bernadette vit avec €883 de retraite. Une fois les factures payées, il lui reste environ €15 par jour. Mais elle s'en est toujours sortie, grâce à la débrouille ©Radio France - Charlotte Perry
Bernadette vit avec €883 de retraite. Une fois les factures payées, il lui reste environ €15 par jour. Mais elle s'en est toujours sortie, grâce à la débrouille ©Radio France - Charlotte Perry
Bernadette vit avec €883 de retraite. Une fois les factures payées, il lui reste environ €15 par jour. Mais elle s'en est toujours sortie, grâce à la débrouille ©Radio France - Charlotte Perry
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A soixante-dix-sept ans, Bernadette doit se débrouiller seule avec une toute petite retraite. Malgré une vie familiale compliquée, onze enfants et une carrière en dents de scie, elle garde le cœur gai et a toujours réussi à s’organiser pour garder un toit sur sa tête et honorer ses factures.

Bernadette habite un petit deux pièces au rez-de-chaussée d’une résidence H.L.M en bordure de Reims. Ce n’est pas du luxe, mais son toit sur sa tête, Bernadette y tient plus que tout. "J’ai eu des difficultés dans la vie, mais j’ai toujours payé mon loyer et mon électricité. Je ne veux pas être expulsée, ni qu’on me coupe le chauffage. Je préfère manger un quignon de pain dur, mais les factures, ça, non !"

Aujourd’hui, à soixante-dix-sept ans, Bernadette perçoit 883 euros de retraite. Elle a pourtant commencé à travailler à quatorze ans dans un orphelinat de Reims puis, à seize ans, elle entre dans une maison de couture où elle passe son CAP. Elle se marie à dix-neuf ans, a six enfants avec son époux, Roger. Suivent cinq autres qu’elle aura avec trois différents compagnons. "À chaque fois, je croyais que c'était le bon, et puis à chaque fois je me faisais avoir. Il finissait par me quitter et je me retrouvais toute seule, comme une con, avec les enfants."

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Elle bricole, travaille dans une usine de freins de voiture, dans une usine de poupées, fait les vendanges, mais avec tous ces enfants ce n’est pas facile de travailler. Sa carrière est pleine de trous, et quand elle arrive à l’âge de la retraite, elle ne perçoit que 642 euros. Et même si sa retraite a augmenté en dix-sept ans, une fois le loyer et les factures payées, il lui reste environ quinze euros par jour pour vivre.

"Je paye 270 euros de loyer ; 204 euros d'électricité-gaz. J’ai ma mutuelle, mon assurance logement, mon assurance décès. Après avoir déduit tout cela, je vous assure qu’il ne reste plus grand chose pour vivre."

L'appartement de Bernadette, meublé grâce à la récupération et décoré de portraits de son idole, Che Guevarra.
L'appartement de Bernadette, meublé grâce à la récupération et décoré de portraits de son idole, Che Guevarra.
© Radio France - Charlotte Perry

Mais elle est débrouillarde, Bernadette. Et pour faire face aux difficultés financières, elle s’organise : meubles de récupération que le gardien ou ses enfants lui donnent ; le coin anti-gaspi du supermarché où l’on vend des produits proches de la date limite au plus bas prix ; le colis du Secours Populaire, une fois par mois ; les brocantes pour les vêtements et les livres ; les expéditions chez Cora avec ses copines à la recherche des lots en promotion qu’elles se partageront ensuite.

Mais malgré toutes les stratégies qu’elle a mises en place pour s’en sortir, les fins de mois sont parfois difficiles. Et l’approche de l’hiver l’inquiète. Alors tant pis, Bernadette se dit qu’elle mettra des gros pulls pour se camoufler.

"Je ne veux pas me retrouver sans rien comme mes deux fils, quand ils sont décédés, ils n’avaient pas un rond. Heureusement que la ville était là pour tout payer. Moi, s’il m’arrive quelque chose, tout est prêt."

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