Gilbert a passé trente-trois ans sur les coursives des prisons lyonnaises, dont vingt-deux ans en psychiatrie, au SMPR (Service Médico-psychologique Régional).
Gilbert a passé trente-trois ans sur les coursives des prisons lyonnaises, dont vingt-deux ans en psychiatrie, au SMPR (Service Médico-psychologique Régional).
Gilbert a passé trente-trois ans sur les coursives des prisons lyonnaises, dont vingt-deux ans en psychiatrie, au SMPR (Service Médico-psychologique Régional). ©Radio France - Charlotte Perry
Gilbert a passé trente-trois ans sur les coursives des prisons lyonnaises, dont vingt-deux ans en psychiatrie, au SMPR (Service Médico-psychologique Régional). ©Radio France - Charlotte Perry
Gilbert a passé trente-trois ans sur les coursives des prisons lyonnaises, dont vingt-deux ans en psychiatrie, au SMPR (Service Médico-psychologique Régional). ©Radio France - Charlotte Perry
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Résumé

Gilbert a passé trente-trois ans sur les coursives des prisons lyonnaises, dont vingt-deux au service psychiatrique (SMPR). Des taules de Perrache, vétustes et surpeuplées, à celle de Corbas, neuve mais complètement déshumanisée, il raconte sa vie de maton confrontée à la violence du monde carcéral.

En savoir plus

Lorsqu'il a passé le concours de surveillant pénitentiaire pour la première fois, alors qu'il était âgé d'une vingtaine d'années, Gilbert Fetet n'a pas supporté la prison. Il en est reparti effrayé au bout de quelques heures, pour retourner travailler dans le privé. D'abord dans l'hôtellerie, puis dans le textile. Mais le travail se faisant de plus en plus rare dans la région des Vosges, il a finalement repassé le concours sept ans plus tard, et cette fois, il est resté.

Aujourd'hui âgé de soixante et un ans, et tout juste retraité, il raconte une vie passée sur les coursives des prisons de Lyon, la violence du monde carcéral et de l'enfermement.

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L'enfermement est difficile à vivre. Moi je comprends qu'il soit difficile pour les détenus, je pense qu'il est difficile pour nous aussi. Mais voilà, c'est notre travail. Moi je n'ai jamais eu peur d'aller travailler, ou plus envie, mais aujourd'hui j'en suis sorti, et je suis content quand même.

Des douze pendus qu'il a dû décrocher au cours de sa carrière aux automutilations quotidiennes des détenus en psychiatrie - qui le hantaient dans ses cauchemars- Gilbert n'a rien oublié. Mais c'est seulement maintenant qu'il est à la retraite, qu'il se rend compte à quel point cette violence lui pesait.

L'image du jeune homme qui s'est égorgé, je l'ai vue souvent dans mes cauchemars. Je voyais l'ouverture du cou. Mais je trouvais que c'était bien d'en cauchemarder parce que cela rappelait aussi la réalité de la prison. C'est cela qui me faisait dire: "on ne va pas à la prison comme l'on va à l'usine".

(Nouvelle diffusion du reportage du 12 juin 2021)

A écouter:

  • Gilbert, gardien de prison. Ep02: de l'humanité en milieu carcéral malgré tout
Références

L'équipe

Charlotte Perry
Production
Céline Illa
Réalisation