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Christian Jacob le 21 juin 2022 ©Maxppp - MOHAMMED BADRA/EPA
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Résumé

Ce matin, Etienne Gernelle nous parle du deuxième suicide intellectuel de la droite... Le premier s’est produit le 17 février 2015. La date vaut la peine d’être retenue car elle est selon le chroniqueur, le vrai début du déclin de la droite.

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Ce jour là est adoptée à l’Assemblée nationale la fameuse loi Macron, du nom du ministre de l’Economie d’alors. Elle est adoptée avec l’article 49-3, car la majorité de François Hollande est alors mince, fragilisée par les « frondeurs ».

Et là, s’est produit la faute. Ce qui s’appelait encore l’UMP annonce alors qu’elle déposera une motion de censure. C’était, quand on prend un peu de recul, ahurissant. La Loi Macron de 2015 était plutôt d’inspiration libérale, et disons-le, porteuse de réformes que la droite aurait probablement dû faire sous Sarkozy lors du mandat précédent.

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Mais la hargne a été plus forte, ou le sens de l’État plus faible.Ce fut aussi une faute politique.

Pourquoi une faute politique ?

Parce par cet acte, l’UMP a abandonné le champ du réformisme à Emmanuel Macron, qui n’était encore que ministre, mais qui a ensuite siphonné la droite libérale.

Cette fatale motion de censure, en 2015, avait été été défendue à l’Assemblée par Christian Jacob. Avec une mauvaise foi spectaculaire.

Or, en entendant le même Christian Jacob à votre micro il y a deux jours, j’ai cru à une boucle temporelle.

En 2015, il s’opposait au nom de la droite à un texte qui sur le fond exaspérait surtout la gauche et la gauche de la gauche. Des députés du Front de gauche, ancêtre de la France insoumise, avaient d’ailleurs voté sa motion de censure.

Aujourd’hui, à l’écouter, Jacob - qui vaut pourtant mieux que cela - combattrait une réforme Macron qui porterait l’âge de la retraite à 65 ans mais réclame de toutes ses forces l’instauration, selon le programme des Républicains, de la retraite à... à 65 ans. Consternant. Incompréhensible.

Donc la leçon, selon vous, n’a pas été retenue…

Oh non. Alors certains ont essayé : par exemple Valérie Pécresse, en quittant les Républicains, en 2019, et en créant son parti, nommé « Libres », a tenté de reprendre la main sur la droite libérale, mais les circonstances de la campagne, et surtout le passage par la case sélection au sein du parti, qu’elle a dû réintégrer, l’ont éloigné de cet objectif. Résultat : la droite libérale est largement restée chez Macron, par vote utile, aussi.

Aujourd’hui, Jean-François Copé, ou Virginie Calmels, parmi d’autres, et chacun à leur manière, tentent de renouer avec cet objectif. Mais beaucoup au sein du groupe pensent encore qu’en s’opposant à tout, y compris – et c’est la clef – aux mesures sur lesquelles ils sont d’accord, ils gagneront quelque chose. Une magnifique illustration de cette doctrine des Shadocks : « C’est en essayant continuellement qu’on finit par réussir. Donc plus ça rate et plus on a de chances que ça marche ».

Références