Il y a 32 ans, le 14 mars 1990, Mikhaïl Gorbatchev est élu président de l’URSS

Mikhaïl Gorbatchev en 1990
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Mikhaïl Gorbatchev en 1990 ©Getty - SHONE
Mikhaïl Gorbatchev en 1990 ©Getty - SHONE
Mikhaïl Gorbatchev en 1990 ©Getty - SHONE
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Alors que l’Ukraine est écrasée sous les bombes russes, vous vouliez rappeler un anniversaire… Le 14 mars 1990, Mikhaïl Gorbatchev est élu président de l’URSS.

Oui, je voulais évoquer une date et un homme : le 14 mars 1990, Mikhaïl Gorbatchev est élu président de l’URSS, un poste qu’il a lui-même créé et qui doit lui servir à parachever les réformes de la société et de l’Etat soviétiques enclenchées par la Glasnost et la Pérestroïka depuis 1985.

A ce moment-là, il a gagné. Il est en train de mettre fin dans le calme, sans effusion de sang, au totalitarisme soviétique.

Évidemment, tout n’est pas idyllique. La catastrophe de Tchernobyl, en 1986, a vidé ce qui restait dans les caisses de l’Etat. Le pays est exsangue. Et Boris Eltsine, qui vient d’être élu à la tête de la Fédération de Russie, réclame des réformes plus rapides. Et la vieille garde conservatrice du Parti communiste, encore active, n’attend qu’une occasion pour mettre un terme à une évolution politique qui l’horrifie.

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Et c’est cette vieille garde qui va organiser un putsch contre Gorbatchev

Oui, le 19 août 1991, la veille de la signature du nouveau traité d’union entre les républiques soviétiques. On se souvient, Gorbatchev est en vacances dans sa datcha, les putschistes prennent le parlement, et Eltsine monte sur un char pour   haranguer la foule et faire échouer le putsch. Puis il pousse Gorbatchev à la démission et prend le pouvoir.

Mais il faut rappeler un épisode. Un mois avant, le 10 juillet 1991, Gorbatchev se rend à la réunion du G7, à Londres, où il a été convié à sa demande. Il est soutenu par neuf républiques, dont la Russie, qui ont validé son programme de réformes avec une réelle dose de libéralisme, et il explique aux sept leaders du monde libre qu’il a besoin d’un prêt de 20 milliards de dollars pour financer sa réforme.

Persuadés qu’ils tiennent une occasion inespérée de mettre à bas définitivement et rapidement le système soviétique, ils lui refusent ce soutien.

En fait, ils misent tout sur Boris Elstine, alcoolique et corrompu dont ils savent qu’ils pourront le manipuler pour mettre la main sur les fabuleuses réserves en matières premières de la Russie et de ses républiques alliées.

C’est l’une des plus graves erreurs politiques que l’Occident ait commises.

Et quelles en seront les conséquences ?

Les conséquences, nous les avons aujourd’hui sur nos écrans de télévision. Parce que Vladimir Poutine est le résultat de tout cela. Il est le résultat de la mise en coupe réglée de la Russie par des oligarques qui se sont gavés sous Eltsine et  qu’il a simplement mis à sa botte.

Il est le résultat de la promesse non tenue, promesse orale, voire tacite, mais dont témoignent plusieurs acteurs de l’époque, faite à Gorbatchev de ne pas étendre l’OTAN. Il est le résultat de la frustration des Russes, qui ont applaudi pendant des années celui qui semblaient leur rendre un peu de grandeur.

Les Occidentaux ont cru, moitié par messianisme présomptueux, moitié par cynisme prédateur, qu’il fallait donner le coup de grâce à ce système soviétique et étendre le plus rapidement possible le système libéral.

Et comme souvent dans l’histoire récente, ils ont permis la naissance d’un monstre.

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