Selon un sondage, les François croient à certains éléments de la propagande russe
Selon un sondage, les François croient à certains éléments de la propagande russe
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Selon un sondage, les François croient à certains éléments de la propagande russe ©Getty - Oleh Tiurkin / EyeEm
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Résumé

Un sondage Ifop dit que 52% des Français adhèrent à au moins l’une des thèses russes sur l’origine du conflit en Ukraine. Est-ce inquiétant ?

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C’est un sondage qui prolonge une longue série sur le complotisme. Le premier, en janvier 2018, nous expliquait que 79% des Français croyaient en « au moins une théorie du complot ». Sauf que parmi les supposées « théories du complot », on trouvait aussi bien l’idée que la terre est plate - ce qui relève davantage de la stupidité que du complotisme - que l’idée selon laquelle les services secrets américains auraient financé des groupes djihadistes. Et ça, notamment en Afghanistan, contre l’URSS, ce n’est pas franchement faux.

Depuis, tous les ans, on voit une nouvelle vague de ce sondage, adapté aux thématiques du moment.

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On a donc eu les théories du complot à propos du coronavirus, et maintenant, autour de la guerre en Ukraine

Et bien sûr, il y a une dimension politique. En l’occurrence, à chaque fois, les électeurs qui se situent aux extrêmes sont les plus enclins à adhérer à au moins une des thèses en présence. Et les antivax sont les premiers à croire la propagande russe. Conclusion, nous sommes dans un combat de la raison contre l’obscurantisme. De la vérité scientifique contre le mensonge.

Vous avez l’air sceptique…

Depuis le 24 février, tout le monde ressort la phrase de Kipling, « la première victime d’une guerre, c’est la vérité. » Sauf que là, on nous explique qu’il n’y a de propagande que d’un côté, et que de l’autre, il y a la vérité pure et objective.

Or, on peut être d’accord sur une chose, il n’y a qu’un coupable à cette guerre, un homme qui a décidé de la déclencher, un homme qui bombarde des civils et rase des villes, c’est Vladimir Poutine. Mais une fois qu’on a dit ça…

Parmi les éléments attribués à la propagande russe, il y a cette affirmation, à laquelle 30% des sondés disent croire : « Les Occidentaux ont encouragé l’Ukraine à demander son adhésion à l’OTAN. » Donc, les auteurs du sondage considèrent que cette phrase est fausse.

Ce qui revient à ignorer tout le travail de lobbying fait en Géorgie et en Ukraine par des cabinets de conseil américains. Mettre ça sur le même plan que les délires qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux, c’est réécrire l’histoire. Comme si il fallait à tout prix que les Américains n’aient aucun tort - et je dis bien les Américains, car la France et l’Allemagne n’étaient pas sur la même ligne.

Et quand est-il des Français, alors ?

Ils se posent des questions mais on ne les convaincra pas par la propagande inverse. Depuis le début de ce conflit, certains sont occupés à traquer les mauvais Français, les collabos. Ils oublient deux éléments essentiels.

  • D’abord, Emmanuel Macron n’est visiblement pas décidé à s’aligner sur les Américains et leur agenda jusqu’au-boutiste. Et il n’a pas l’air de considérer que l’entrée immédiate de l’Ukraine dans l’OTAN et dans l’Union Européenne soit une bonne idée. D’autant que le reste du monde, la Chine, l’Inde, ne sont pas non plus convaincus par le récit à sens unique des Occidentaux.
  • Le deuxième point, c’est que certains Français ont tellement de rancœur contre les institutions qu’ils préfèrent croire la propagande de Vladimir Poutine et lui trouver des circonstances atténuantes. Et ceux-là, on ne les récupèrera pas en traitant tout le monde de complotiste.