En toute subjectivité
vidéo
En toute subjectivité ©Radio France - Cécile Duflot / France Inter
En toute subjectivité ©Radio France - Cécile Duflot / France Inter
En toute subjectivité ©Radio France - Cécile Duflot / France Inter
Publicité

Ingrédients, méthode et tactique... Aujourd'hui, une chronique cuisine avec une recette….

Préparez votre, préparez votre pâte, dans une jatte, dans une jatte plate…

Il y a des recettes pour plein de choses, même pour le cake d’amour, pour plein de choses donc donc aussi, je sais ça peut surprendre, une recette pour le rassemblement politique.

Publicité

Comme pour toutes les recettes il faut des ingrédients

Pour le rassemblement politique les ingrédients sont de la sincérité - oui c’est étonnant mais c’est indispensable, de la méthode, de la constance et une pincée de tactique. 

Aussi curieux  que cela puisse paraître, la base est donc la sincérité. Cela ne signifie pas que le rassemblement politique ne repose que sur des intentions pures, on peut avoir envie de se rassembler par intérêt personnel à la victoire collective, pour éviter de se confronter à son propre score, pour piéger un adversaire, mais une fois la démarche engagée il faut souhaiter sincèrement qu’elle aboutisse. Il le faut pour la réussite de la démarche elle-même, mais aussi pour ce que cela renvoie. L’absence de sincérité d’un rassemblement entache ce qui pourrait faire son succès

De la méthode ensuite, il faut gérer tous les aspects d’un rassemblement : le fond d’abord

Si on l’oublie on passe à côté d’un pan essentiel, le travail sur le compromis d’un projet partagé est un acte de crédibilité Ensuite le “facteur humain”, bien sûr, dans toutes ses dimensions, postes, images, communication. Dans la méthode il y aussi une bonne dose de discrétion. Si l’on travaille trop la mise en scène au détriment du contenu il n’y aura aucun liant ni aucune tenue du résultat. 

De la constance enfin, il ne faut pas s’agacer si ça ne prend pas immédiatement, il faut s’obstiner, calmement mais fermement, garder le cap, un peu à la façon d’un paquebot. Ce n’est pas en donnant des coups de barre brutaux qu’on évite les obstacles mais en regardant l’horizon au loin pour identifier tôt les embûches.

Et donc, une fois qu’on a tous les ingrédients de base ?

Et bien c’est là qu’il faut une pincée de tactique et d’habileté, alliée au coup de main que forge l’expérience. Dans la tactique la question par exemple du nombre de candidatures à une élection peut entrer en jeu et la bonne réponse peut varier selon les circonstances. 

Si la tactique est au service d’une stratégie alors elle peut être utile en revanche si elle vise à remplacer tout le reste et à devenir l’ingrédient essentiel : il n’est pas nécessaire d’essayer de cuire : ce sera immangeable.

Et attention, même avec les ingrédients idéaux, l’entente des cuisinières et leur résistance à la chaleur de la cuisine sont décisives. Pile dix ans après je peux dire que cette recette doit beaucoup à l’expérience d’être passée derrière les fourneaux aux côtés de deux cheffes talentueuses, Martine Aubry et Marie-George Buffet.

Car quand ça marche, on se souvient souvent surtout de celui qui apporte le plat à table, enfin à l’Élysée. Ensuite, c’est vrai, parfois il ne l’assaisonne pas comme c’était prévu et la dégustation, voire la digestion, réservent des surprises mais ça, c’est une autre histoire…..