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Le scrutin présidentielle marqué par une fracture générationnelle ©Getty - Maskot
Le scrutin présidentielle marqué par une fracture générationnelle ©Getty - Maskot
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Résumé

Le premier tour de l’élection présidentielle révèle le clivage entre les générations… Comme attendu, cette élection est celle des fractures françaises : sociale, géographique, identitaire, mais aussi de manière plus discrète : fracture générationnelle.

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Emmanuel Macron élu en 2017, à seulement 39 ans, sur la promesse du nouveau monde, est le plus jeune président de la Ve République, mais en aucun cas le président des jeunes.

Au contraire, il est le favori des retraités et des séniors séduisant plus d’un tiers des 60 ans et plus.

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Si ces derniers n’avaient pas participé à l'élection, on aurait un second tour Le Pen contre Mélenchon.

Le candidat de la France insoumis arrive en tête chez les moins de 35 ans recueillant environ 30 % des suffrages.

Tandis que chez les actifs, de 35 à 65 ans, c'est la candidate du RN qui mène les suffrages.

Pour le second tour, Marine Le Pen serait majoritaire chez les moins de 35 ans, Macron s’imposerait chez les électeurs plus âgés.

Vous y voyez ce que vous appelez une « lutte des âges » ?

Oui car sur fond de vieillissement de la population et d’hiver démographique, les inégalités ne cessent de se creuser entre papy-winners et baby- loosers.

Pour la première fois les nouvelles générations semblent appelées à vivre moins bien que celles qui les ont précédées…

Jusqu’à la fin du XXe siècle, les anciens ont toujours été les plus humbles car ils n’avaient plus d’activité.

  • Depuis vingt ans, cette réalité s’est inversée. Le taux de pauvreté des jeunes est plus élevé que celui de toutes les autres classes d’âge. Un jeune sur quatre pointe à Pôle emploi, soit plus du double de la moyenne française. 90 % des nouvelles embauches se font sous forme de CDD ou en intérim…
  • Trouver un logement représente un parcours du combattant pour la «génération Tanguy». Depuis les années 60, le prix des logements a été multiplié par 10 en France, par 12 à Paris, ce qui a permis de décupler le patrimoine des plus âgés tandis que la plupart des jeunes restaient à la porte.
  • Enfin, le système de santé et de retraite actuel, est à l’avantage des seniors, sans que les plus jeunes, auquel il est demandé de travailler et cotiser plus, soient assurés d’en bénéficier dans le futur.

Tout cela explique la recomposition politique à l’œuvre et le fait que les nouvelles générations se détournent du clivage droite/gauche au profit de mouvement jugé plus radicaux…

Mais tout oppose les jeunes qui votent RN et ceux qui votent LFI, non ?

C’est vrai, mais ils ont pour point commun d’être des enfants de leur époque.

Si, pour reprendre la formule de l’historien Jean-François Sirinelli, être jeune dans les années 60, c’est avoir grandi dans la France des 4P : progrès, prospérité, plein emploi, paix,

Ceux qui suivront connaîtront surtout la France des 5C : chômage, crise de la dette, crise identitaire, crise écologique et même crise sanitaire.

Au-delà de leur opposition idéologique, ces enfants du siècle partagent  tous un même besoin de protection.

Et une même volonté de rompre avec un système dans lequel ils ne voient aucun un avenir.