Anniversaire du Grenelle des violences faites aux femmes : bilan

Trois ans après le Grenelle des violences faites aux femmes, où en est-on ?
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Trois ans après le Grenelle des violences faites aux femmes, où en est-on ? ©Getty - kolderal
Trois ans après le Grenelle des violences faites aux femmes, où en est-on ? ©Getty - kolderal
Trois ans après le Grenelle des violences faites aux femmes, où en est-on ? ©Getty - kolderal
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Ce matin, Anne-Cécile Mailfert nous parle d'un anniversaire... Demain, c’est le troisième anniversaire du Grenelle des violences faites aux femmes. L’occasion de vous parler de Sandrine Bouchait, dont la sœur a été tuée il y a 5 ans.

Avec d’autres elle a constitué l’Union Nationale des Familles de Victimes de Féminicides pour faire entendre leur voix. Mais elle n’en peut plus de compter les mortes : 122 femmes tuées par leurs conjoint en 2021, c’est autant qu’en 2017. 2022 est sur la même lancée, à l’heure ou je vous parle, 79 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex depuis le début d’année..

Peut-on casser cette spirale ?

Oui on pourrait mais pour ça il faudrait déjà avoir tout essayer et en France on en est loin. Aucune raison de ne pas y arriver comme disait Françoise Heritier, il n’existe aucune autre espèce ou les mâles tuent les femelles. Les féminicides sont un fait culturel, social, sur lequel on peut agir. La sociologue Diana Russell explique qu’ils sont motivés par la misogynie, par l’idée que les femmes sont des sous humaines, sur lesquelles leur famille ou leur conjoint on droit de vie ou de mort.

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Alors le Grenelle : positif ou pas ?

Oui… et non. Le Grenelle, nous sommes nombreuses à l’avoir voulu, mais le constat est la : son bilan est mauvais. Le péché originel du Grenelle, c’est l’absence de budget réel. Et une fois le soufflet de communication retombé, on s’aperçoit de l’étendue du chantier.

Bilan des principales mesures annoncées

Les femmes victimes équipées de téléphones grave danger sont moins de 2% sans parler des bracelets anti rapprochement. Les places d’hébergement d’urgence ne sont pas suffisantes et 4 femmes victimes sur 10 sont recalées. Les armes à feu ne sont toujours pas confisquées. Nos enfants n’ont pas d’éducation à l’égalité fille garçon. Les ordonnances de protection, il faudrait les décupler. La justice ne veut pas entendre parler de tribunaux spécialisés… pourtant : à Montpellier par exemple en mai dernier, une cour d’assises a décidé le maintien de l’autorité parental d’un père assassin : il a pourtant tué de 3 balles sa femme et sa fille de 18 mois. Il continue depuis sa prison à décider de l’avenir de ses 2 garçons…

On comprend qu’un politique n’a aucun intérêt à pointer ce qu’il a mal fait. Mais ce je m’en-foutisme-du résultat-concret, Sandrine et moi, on a du mal à encaisser. Sandrine, ce qu’elle ne peut accepter, c’est de se dire que sa sœur est morte et que rien n'a changé. Si le registre épistolaire de mes chroniques l’année dernière n’a pas suffit à faire entendre ma colère, peut-être en cette rentrée d’Inter ce coup de gueule ferait mieux l’affaire

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