Ada Lovelace
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Ada Lovelace ©Getty - Hulton Archive
Ada Lovelace ©Getty - Hulton Archive
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Ce matin, Anne-Cécile écrit une lettre à une pionnière...

Chère Ada Lovelace, 

Il y a quelques semaines Marc Zuckerberg patron de FB annonçait le lancement du metavers destiné à augmenter nos réalités et changer nos vies. Comment imaginer que votre naissance, il y a exactement 206 ans allait autant révolutionner notre monde d’aujourd’hui. Et que derrière vos corsets, vos robes victoriennes et vos coiffes fleuries se cachait une pionnière du monde numérique. 

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Vous êtes celle qui permis l’invention des premiers algorithmes et du premier ordinateur : la machine analytique. Comtesse Lovelace, vous êtes la fille du poète Lord Byron. Maus c’est votre mère Anabella Milbanke, esprit brillant, qui, après avoir fuit les violences de votre père, vous pousse à faire des études scientifiques. Comme pour beaucoup de femmes, on vous avait presque oubliée, mais votre trace laissée était trop évidente pour complètement vous effacer. 

Vous êtes exceptionnelle, mais loin d’être unique : après vous ce sont des dizaines de femmes qui poseront les bases de l’informatique. 

Grace Hopper inventera le logiciel et le « bug ». Hedy Lamarr, sera précurseuse du Wifi et du Bluetooth ; Margaret Hamilton, permettra le succès de la mission Appollo 13 ou encore Joan Clarke co-inventera l’intelligence artificielle.

Pourtant plus l’informatique prend de place dans nos vies et plus les femmes se raréfient. Dans les années 1950, il y avait presque la parité dans ce métier.

Aujourd’hui les femmes ne représentent plus que 10% des effectifs formés

Pourtant, ce sont les cerveaux et non les organes génitaux qu’il faut mobiliser pour programmer, la masculinisation du numérique a donc tout de culturel et rien de naturel. D’ailleurs, en Malaisie on considère que c’est un truc de filles, vu le peu de force requis, et le secteur compte plus de 70% de femmes, mais pas ici. 

En France, La culture Geek c’est un truc de mec. Y aurait-il trop d’argent et de pouvoir en jeu pour la laisser à l’autre sexe?

Et c’est un problème car les algorithmes apprennent et répliquent nos préjugés, nos racismes et nos sexismes, et les outils inventés servent les intérêts de ceux qui les ont façonnés. Ainsi avec des critères d’apparence neutre, les algorithmes d’Amazone favorisent en réalité les Cv des hommes, ceux de Parcoursup discriminent les jeunes d’origine immigré.

Entendez-moi bien : ce ne sont pas les hommes le problème, mais le machisme qui les imprègne. 

Quand les femmes s’en occupent, les réseaux sociaux avec le #MeToo libèrent la parole mieux qu’un thérapeute. Quand les hommes s’en emparent, les forums de jeux vidéo sont des boys clubs où les femmes sont moquées en meute.

Chère Ada Lovelace, que s’est-il passé pour qu’aujourd’hui les algorithmes des réseaux sociaux jettent du sel sur les plaies des peuples, multiplient les manipulations de l’information et minent nos grandes démocraties de populistes ambitions. 

Loin de cultiver nos instincts les plus sombres, vous portiez l’ambition d’une « science poétique ». « Le rôle de la machine c’est de nous aider à effectuer ce que nous savons dominer » vous écriviez. Là-dessus, je laisserais Zuckerberg, et ses amis, méditer et vous enjoindraient toutes, mesdames, à apprendre à coder !