Lyes Louffok en 2019
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Lyes Louffok en 2019 ©Maxppp - Daniel FOURAY
Lyes Louffok en 2019 ©Maxppp - Daniel FOURAY
Lyes Louffok en 2019 ©Maxppp - Daniel FOURAY
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Ce matin, Anne Cécile Mailfert a écrit une lettre à un ancien enfant placé...

Cher Lyes Louffok,

Ton visage est beau, ton regard est doux, ton prénom sonne la joie. Et puis il y a tes mots précis, ton intelligence et ton juste combat. Tu es exceptionnel, et c’en est tellement vrai que c’en est terriblement triste : tu es une exception. Enfant placé dès tes premiers mois, tu es passé par l’enfer des foyers de l’ASE (Aide sociale à l'enfance), et tu as survécu. Tu es aujourd’hui le porte voix des enfants qui ne sont pas entendus. 

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Hier, j’ai reçu ton nouveau livre qui porte un titre aussi simple qu’une proposition “Et si les enfants votaient?”. 

Ce livre, c’est la tentative de laisser une trace dans un combat sans mémoire

Il nous dit d’abord que la domination des adultes sur les enfants est une histoire dense, dramatique et dissimulée. Il nous rappelle les « colonies pénitentiaires » ou bagnes pour enfants, la correction paternelle, et les maltraitances dans notre pays. Il nous met en garde : cet héritage a un poids, il perdure tant qu’on ne le questionne pas. Pourquoi continuer de parler d’autorité parentale ? Ne serait-il pas plus juste de parler de responsabilité parentale ? Il n’y a pas non plus de grands honneurs pour celles et ceux qui défendent les mineurs. Qui se souvient de Janusz Korsczak, ce juif polonais qui inspira les droits de l’enfant avant de mourir dans un train pour Treblinka.

Ce livre dit aussi une urgence : celle de l’ASE dont la décentralisation peine à cacher la paupérisation

Celle de la justice aussi qui continue de privilégier les liens du sang plutôt que l’intérêt de l’enfant. Celle de la société enfin, qui se refuse à voir que sur l’enfant l’adulte se venge de vieillir, lorsqu’il lui demande de ne pas déranger, de surtout ne rien dire.

Ce livre n’est pas simplement un cri, c’est un manifeste très bien écrit. Il vient déchirer un terrible silence, celui d’une campagne électorale supposée être un grand débat citoyen, mais qui ne parle à personne et ne s’intéresse à aucun. Comment se peut-il que la société, le marché, la publicité ne cesse de nous parler des charmants bambins et que la politique laisse toujours l'enfance dans un coin?

Alors tu avances de nombreuses  propositions

Donner à chaque enfant de l’ASE un avocat, que les instances de contrôle existent, Qu’on interdise l’enfermement des enfants et qu’on ne les abandonne pas passé 18 ans.

Et puis enfin, et surtout, qu’à défaut de voter, les enfants puissent être écoutés…

Cher Lyes, je lis entre les lignes les mots d’un militant fatigué de ces heures passées à espérer convaincre les autorités sans voir la réalité des progrès ni les masses se mobiliser. J'aimerais te dire que tu peux souffler, que nous allons tous et toutes prendre le relais.

Après tout, il suffirait pourtant que l’on se rappelle, qu’enfant, nous l’avons tous été…  “Si les enfants votaient?” Nul doute toi que ce serait toi, Lyes Louffok, qu’ils choisiraient.

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“Et si les enfants votaient?”.