En Nouvelle-Zélande, la première ministre travailliste, Jacinda Ardern, tire sa révérence

Jacinda Ardern le 19  janvier 2023 lors de l'annonce de sa non candidature à sa réélection
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Jacinda Ardern le 19  janvier 2023 lors de l'annonce de sa non candidature à sa réélection ©AFP - TVNZ / AFPTV / AFP
Jacinda Ardern le 19 janvier 2023 lors de l'annonce de sa non candidature à sa réélection ©AFP - TVNZ / AFPTV / AFP
Jacinda Ardern le 19 janvier 2023 lors de l'annonce de sa non candidature à sa réélection ©AFP - TVNZ / AFPTV / AFP
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La Première Ministre de Nouvelle Zélande ne sera donc pas candidate à un troisième mandat. Jacinda Ardern le dit simplement, et je la crois : ce n’est pas la peur de la défaite qui la décide, mais son éthique.

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Jacinda Arden, qui a décidé de la prendre vraiment tôt, à 42 ans, avec ces mots : « J’espère que je laisse derrière moi l’idée que l’on peut être gentille et forte, empathique mais décidée, optimiste mais concentrée. Que l’on peut-être ce genre de leader, de ceux qui savent lorsqu’il est temps de partir ».

La Première Ministre de Nouvelle Zélande ne sera donc pas candidate à un troisième mandat

Certains esprits chagrins écrivent qu’elle se défile par crainte d’une défaite aux prochaines élections, oubliant au passage qu’elle a offert par deux fois à son parti ses meilleurs résultats.

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Jacinda Ardern le dit simplement, et je la crois : ce n’est pas la peur de la défaite qui la décide, mais son éthique. Oui, il faut savoir reconnaître lorsque le temps est venu de passer la main. Avec cette annonce, elle est cohérente avec sa manière d’exercer le pouvoir et continue d’offrir une magistrale leçon au monde entier.

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Car elle a fait beaucoup parler d’elle depuis son élection

C’est qu’elle avait tout pour détonner dans le contexte masculin triste et gris des dirigeants du monde entier. Dès son élection au poste de Première Ministre, elle ne ressemble à aucune autre. Elle vient de prendre la tête d’un parti de gauche en errance, elle a 37 ans, c’est une femme, et annoncera sur facebook quelques mois plus tard qu’elle est enceinte et que c’est le papa qui restera à la maison. Mais Jacinda Ardern n’a pas fait de la modernité seulement un axe de communication, celle-ci a marqué son exercice du pouvoir.

Élue en même temps que Donald Trump, elle est son exact opposée : elle incarne la face lumineuse d’un pouvoir qui peut se partager. Empreinte de l’éthique féministe du care, elle fait de l’empathie et de la sollicitude des valeurs et une méthode. Si elle n’hésite pas à recourir à l’émotion, ce n’est jamais pour flatter les peurs et les bas instincts de divisions, mais toujours pour favoriser la réconciliation. Au lendemain des attentats terribles de ChristChurch elle avait surpris le monde entier en appelant à l’amitié avec les musulmans et en légiférant sur les armes à feu..pour les limiter.

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Elle tient ses promesses de campagne centrées sur la lutte contre les violences faites aux femmes et la pauvreté des enfants. Elle améliore l’offre de santé, légalise l’avortement, entame la réconciliation avec les peuples indigènes et engage fermement la transition écologique. Au cours du Covid, elle assume une politique stricte tout en sachant échanger avec son peuple, simplement sur les réseaux, comme tout le monde, confinée depuis son salon. C’est ainsi que naît la « Jacinda Mania », leader exemplaire, devenue la cheffe d’Etat la plus populaire de l’Histoire de son pays, mais aussi la plus honnie.

Que nous apprend alors ce renoncement ?

Il y a un débat de longue date pour savoir s'il existe un pouvoir au féminin différent du pouvoir au masculin. Un coup d’oeil du côté de l’Italie rappele qu’il ne suffit pas d’être une femme, mais Jacinda Arden nous montre que le pouvoir féministe, lui, est possible.

Pour autant j’ai un pincement au cœur en entendant une femme qui changeait le monde dire qu’elle n’en a plus l’énergie. Impossible de ne pas lier son départ à la brutalité des attaques contre elle et plus généralement contre toute femme qui, en responsabilité, est violemment intimée à rentrer dans le rang.

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Mais Loin d’être un encouragement à lâcher le pouvoir pour celles qui viennent d’y accéder, son parcours est une formidable invitation à s’en emparer. Elle ouvre la voie à d'autres. Pour cela et pour tout le reste avant : Merci Jacinda.

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