François de la Monneraye, paysan-boulanger, a planté 1 000 arbres dans ses champs avec l'aide des bénévoles du collectif "Aux arbres, etc."
François de la Monneraye, paysan-boulanger, a planté 1 000 arbres dans ses champs avec l'aide des bénévoles du collectif "Aux arbres, etc." ©Radio France - Lionel Thompson
François de la Monneraye, paysan-boulanger, a planté 1 000 arbres dans ses champs avec l'aide des bénévoles du collectif "Aux arbres, etc." ©Radio France - Lionel Thompson
François de la Monneraye, paysan-boulanger, a planté 1 000 arbres dans ses champs avec l'aide des bénévoles du collectif "Aux arbres, etc." ©Radio France - Lionel Thompson
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Le collectif "Aux arbres, etc." s'est donné pour mission de reboiser les campagnes en Touraine, avec des opérations régulières de plantations qui mobilisent des bénévoles.

Flore Del Rio, l'une des animatrices de ces opérations de plantations initiées par deux associations, la SEPANT et InPACT37, nous guide vers un champ de luzerne à Sazilly, près de Chinon. Elle contemple les alignements de jeunes plants d'arbres aux pieds de piquets dans le sol argileux, à flan de coteau. Le travail a été en grande partie réalisé deux jours plus tôt.

Là, il y a 13 hectares et ça fait des lignes de 350 mètres, à peu près. Et tout ça a été fait samedi, en une journée. Il y a, à peu près, 4 000 mètres linéaires, au total. Ca fait environ 750 plants, sur les 1 000 à planter. On en a fait une bonne partie, avec une trentaine de bénévoles !

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François de la Monneraye, paysan-boulanger qui exploite ces terres de la Ferme du Plaisir appartenant à l'association Terres de liens, termine le travail. C'est lui qui a eu l'idée de planter ces arbres, après en avoir discuté avec les anciens du village.

C'est en entendant leurs témoignages que l'idée m'est venue. Ils m'expliquaient, ils me mimaient même, la vie qui grouillait avant, ici, quand ils passaient dans les champs, le bruit des oiseaux, des insectes, etc. J'ai pris conscience qu'on avait perdu quelque chose d'essentiel. Ici, sur certaines parties de la parcelle, on a des pentes supérieures à 10%. En 2016, par exemple, dans la vigne qui est juste en contrebas, les souches ont été recouvertes entièrement par la terre de la parcelle qui est au-dessus. On ne peut pas laisser les choses se faire comme ça sinon, dans quelques années, il n'y aura plus de terre ici ! Les arbres, en plus de retenir la terre et de faire remonter et redescendre l'eau quand il le faut, apportent la biodiversité qui vient avec : les insectes, qui vont m'aider à cultiver en agriculture biologique.

On replante donc les arbres qui avaient disparu avec la mécanisation de l'agriculture.

Valoriser les essences locales

Ici, c'est en agroforesterie : non pas des haies autour des champs mais des arbres dans les champs, qui pourront aussi servir à François de la Monneraye pour préparer son pain. Flore Del Rio nous en détaille les essences.

Il y a du chêne, du poirier, du pommier, de l'alisier, du charme... C'est un mélange de fruitiers qui feront des fruits pour la faune, que François pourra aussi utiliser pour son pain, s'il le veut, et des arbres qui pourront être élagués par la suite, dont le bois pourra être utilisé dans le four à pain. On valorise aussi le côté végétal local, pour permettre de préserver une continuité dans les essences déjà présentes auparavant et qui doivent être réintroduites ici.

Un reboisement qui a bien sûr un coût, environ 6.000 euros à Sazilly, financés en grande partie par le plan de relance gouvernemental et le programme " Plantons des haies". La main d'œuvre des bénévoles, elle, est gratuite. François, le paysan-boulanger, aimerait qu'à l'avenir on protège mieux les arbres :

S'il y avait des lois qui protégeaient les arbres et les haies, ce serait une bonne chose. Rien que dans la parcelle d'à côté, il y a un noyer multi-centenaire qui a été coupé l'année dernière. Forcément, ça fait pleurer, quoi !

Pour retrouver les arbres et le sourire, le collectif "Aux arbres, etc." a déjà initié quatre chantiers  cette année. Le prochain aura lieu à Azay-sur-Indre, samedi 5 février.