Les jeunes en service civique avec Unis-Cité Puy-de-Dôme ont passé une journée à simuler la campagne électorale ©Radio France - Lionel Thompson
Les jeunes en service civique avec Unis-Cité Puy-de-Dôme ont passé une journée à simuler la campagne électorale ©Radio France - Lionel Thompson
Les jeunes en service civique avec Unis-Cité Puy-de-Dôme ont passé une journée à simuler la campagne électorale ©Radio France - Lionel Thompson
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Résumé

Une cinquantaine de jeunes en service civique avec Unis-Cité Puy-de-Dôme ont joué à faire campagne récemment lors d'une journée de sensibilisation aux élections. Preuve que la politique ne les désintéresse pas forcément.

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Réunis dans une grande salle de la périphérie de Clermont-Ferrand, une cinquantaine de jeunes attablés par groupes de quatre ou cinq sont réunis pour simuler l'élection présidentielle. C'est l'association Unis-Cité, qui permet par ailleurs à ces jeunes de faire un service civique dans diverses associations ou organismes, qui organise cette journée de sensibilisation, à quelques jours de la clôture des listes électorales, le 4 mars dernier. Chaque table est une équipe de campagne et tire au sort son candidat. Anne Hidalgo, Marine Le Pen, Eric Zemmour, certains noms sont bien connus des jeunes. D'autres moins...

On a tiré Jean Lassalle... Est-ce que nous le connaissons ? Non, pas du tout !

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Seul Emmanuel Macron, pas encore officiellement candidat à ce moment-là, a été volontairement écarté du jeu (NDLR : la liste officielle des candidats ayant les parrainages nécessaires n'était pas encore connue non plus). Les jeunes ont ensuite deux heures pour proposer une affiche, un slogan et trois mesures inspirées du programme du parti qu'ils représentent. Un orateur défendra devant la salle, pendant deux minutes, ces idées qui ne sont pas forcément les siennes. Ceux qui ont moins de culture politique ne sont ainsi pas pénalisés explique Mathieu Rochais, le formateur qui encadre cette journée.

C'est vraiment important de ne pas être dans un exercice où chacun défend ses propres opinions politiques. Parce que certains sont assez mûrs et en mesure de défendre beaucoup de choses, avec beaucoup d'arguments mais d'autres sont encore dans un processus de formation de leurs idées. Ils pourraient avoir un sentiment d'infériorité en ayant à défendre des convictions qui sont encore un peu floues.

Aidés d'une tablette connectée à internet pour trouver des informations sur le programme et le parti pour lequel ils font campagne, les jeunes planchent, puis arrivent les discours, dont voici quelques extraits :

Dans cette démocratie où la jeunesse est parfois mise de côté, je souhaite faire le projet de la mise en place d'un RSA jeunes.

Pour que tout un chacun puisse se déplacer en utilisant des mobilités douces, avec des aides à l'acquisition de véhicules électriques, ainsi qu'un système de locations peu coûteux

N'oubliez pas chers français, la peur est notre amie. Ayons peur et emplis d'adrénaline, ensemble, levons-nous !

Tout le monde joue le jeu, en caricaturant un peu les politiques, parfois. Pour Mathieu Rochais, le but est de susciter la réflexion sur le vote chez des jeunes souvent enclins à l'abstention, comme le note le Conseil Economique, Social et Environnemental dans un récent avis sur l'engagement et la participation démocratique des jeunes.

L'abstention, c'est aussi parce qu'il y a des jeunes qui ne comprennent pas, qui ne savent pas se positionner ou qui restent enfermés dans des discours sur les politiques qui font ce qu'ils veulent, sur le vote qui n'a pas d'impact, etc. OK mais si je ne vote pas, je laisse les autres choisir ? Il faut vraiment, sans que ce soit une injonction, que chacun puisse se positionner en disant "je vais voter parce que j'ai compris l'intérêt" et si je ne vais pas voter, je suis vraiment en mesure de justifier mon acte avec des arguments réfléchis.

Le vote est suivi d'un débat l'après-midi. Après avoir glissé son bulletin dans l'urne Valentin, qui lui compte voter pour de vrai, a trouvé l'exercice intéressant.

Il y a certains partis que je ne connaissais pas du tout. Je m'intéresse quand même pas mal à la politique mais j'ai quand même appris des choses, oui.

Et pour l'anecdote, ce sont les jeunes qui représentaient Philippe Poutou qui ont gagné cette élection fictive qui n'avait évidemment aucune valeur de sondage...

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Lionel Thompson
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