Maxime Marie, Ferme de Briseval ©Radio France - Lionel Thompson
Maxime Marie, Ferme de Briseval ©Radio France - Lionel Thompson
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Résumé

Alexandra et Maxime Marie voulaient travailler auprès des animaux, ils se sont reconvertis en éleveurs de porcs bio près de Carentan, en Normandie.

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Elever des cochons au pays des vaches est un choix qui n'est pas forcément facile ! D'autant que c'est une reconversion totale pour Alexandra et Maxime Marie, qui n'étaient ni éleveurs, ni même d'une famille d'agriculteurs.

Il y a encore 5 ans, avec ma compagne, on était responsable d'équipe dans la grande distribution. C'est une reconversion totale. On souhaitait vraiment travailler avec des animaux. L'autre souhait, c'était le bio : mieux produire, une viande de qualité, avec une traçabilité irréprochable.

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Le bio, c'est un choix plus contraignant, avec des normes, c'est plus compliqué, c'est plus de travail. Mais pour Maxime Marie, quand on a cette vision là des choses, on ne peut pas s'en défaire. Après un an de formation, ils se sont donc lancés dans un petit élevage de 25 truies qui produit environ 400 porcs par an, la Ferme de Briseval. Maxime nous fait visiter.

Ici, il y a 22 petits dans 75m2. Ils ont largement de la place. Ca leur permet de s'engraisser plus rapidement. Economiquement, c'est aussi intéressant pour nous. Mais en bien-être animal, c'est extra. Ils ne se montent pas dessus, ne se mordent pas... Là, c'est les enclos. Les truies ont 450m2 avec un parcours herbeux conséquent. Contrairement à ce qu'on pense, ça mange beaucoup d'herbe un cochon!

L214 ? Il y a moyen de faire autrement

Le bien-être animal est un impératif pour ces éleveurs bio, même si Maxime désapprouve les méthodes intrusives des groupes comme L214.

A partir du moment où on viole le droit de propriété, je trouve ça un peu désastreux. On a un suivi pointilleux des services vétérinaires. Il y a beaucoup de maladies dans l'élevage porcin aujourd'hui. Alors quand ces gens-là arrivent sans bottes, sans rien et qu'ils circulent d'un élevage à l'autre pour faire des vidéos... Je ne suis pas du tout pour l'élevage en cage, c'est bien de le dénoncer, mais je pense qu'il y a possibilité de faire autrement.

Autre impératif, pour être rentable, la vente directe et en circuit court.

On fait plusieurs marchés dans la semaine, on a des AMAP, la restauration collective, la restauration scolaire, les restaurants... Ca nous prend beaucoup de temps mais c'est important pour nous de travailler en circuit court, de limiter les intermédiaires pour essayer de vivre de notre travail. On a un projet de transformation à la ferme pour limiter le dernier intermédiaire qui nous reste : la transformation.

C'est beaucoup de travail pour des revenus encore faibles, d'autant que l'abattoir avec lequel ils travaillaient a fermé prématurément, les obligeant à faire abattre leurs bêtes très loin de la ferme pendant plusieurs mois. Mais Alexandra ne regrette pas du tout leur choix.

Aujourd'hui on a des revenus peu élevés, voire parfois négatifs, mais on travaille pour faire quelque chose qui nous plaît et ça n'a pas de prix. On travaille avec les bêtes, on se lève le matin en faisant ce qu'on rêvait de faire quand on était plus jeune.

Références

L'équipe

Lionel Thompson
Production