Le chalet de la solidarité à Amiens ©Radio France - Lionel Thompson
Le chalet de la solidarité à Amiens ©Radio France - Lionel Thompson
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Résumé

Il y a à Amiens un Mur de la solidarité, où on peut déposer tout au long de l'année des vêtements dont on n'a plus besoin. L'idée est inspirée d'expériences similaires à l'étranger.

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C'est comme un petit chalet, portes ouvertes, adossé à un mur en contrebas de la cathédrale d'Amiens. Un lieu de passage, en plein cœur de la ville. A l'intérieur, des vêtements accrochés à des porte-manteaux ou posés sur des étagères. N'importe qui peut venir en déposer ou en prendre explique Pascale Coquerel, présidente de l'association Mur solidaire.

"Ça arrive tous les jours et ça se vide tous les jours. Là, on a quelques vestes, un peu plus mi-saison, des t-shirts, quelques pantalons printaniers, des chaussures. L'hiver, c'était des manteaux, des bonnets, des gants..."

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Cet été ce sera, peut-être, des lunettes de soleil dont on ne se sert plus poursuit la jeune femme, qui précise aussi avoir vu parmi les vêtements et accessoires déposés des bouées pour les enfants. Il y a vraiment de tout.

"Il y a même une jeune femme qui m'a demandé si elle pouvait déposer des parfums qu'elle ne mettait plus. Les gens ont plus d'idées que nous, en fait. Peut-être que les prochains thèmes ce sont les amiénois qui les trouveront !"

L'association, créée par un cabinet d'expertise comptable spécialisé en économie sociale et solidaire, compte effectivement proposer des thèmes pour les dépôts. Un thème sur la rentrée scolaire, par exemple, dès cet été.

Le concept, lui, vient de loin : le premier mur de ce type a été érigé fin 2015 en Iran, au moment des fêtes de fin d'année, sur le principe "si vous n'en avez plus besoin, laissez-le. Si vous en avez besoin, prenez-le".

"C'était une nouvelle forme de solidarité. Spontanément, les gens sont venus déposer des vêtements sur des murs. Ça a été repris ensuite en Inde, au Pakistan et en plein cœur de Stockholm, fin décembre 2020. Là-bas, ça s'appelle le mur de la gentillesse".

C'est ainsi que les initiateurs ont eu l'idée de lancer un mur de la solidarité à Amiens et de fonder l'association. Mais il ne s'agit pas pour autant de se substituer aux autres associations qui récoltent des dons de vêtements. On est plus, ici, dans l'esprit du don spontané ou de l'échange d'une pièce ou deux.

Du don ou de l'échange spontané

Pascale Coquerel considère que les gens continueront, quand ils font du tri dans leurs placards ou qu'ils déménagent, à faire des gros cartons de vêtements ou d'objets pour aller les donner à toutes les autres associations qui existaient déjà.

"Nous, on est plus dans l'immédiateté. C'est plutôt : je passe devant, je vois le mur et tous les jours, je rentre chez moi, je vois dans mon vestiaire un manteau que je ne mets jamais mais que je garde. Je ne vais pas forcément le déposer dans une association, parce que je n'ai pas fait de gros cartons. Ben là, c'est ça : la spontanéité, le déposer au mur".

L'association ne s'attend donc pas à ce que les gens viennent au mur avec des cartons remplis de vêtements, il y a d'autres lieux qui existent pour ça.

De même, le Mur de la solidarité est en priorité destiné aux plus démunis mais rien n'empêche quiconque, quelle que soit sa situation, de venir se servir dans une logique d'échange et de réutilisation. Pour éviter de jeter des vêtement encore utilisable ou d'acheter systématiquement des vêtements neufs. Une logique de réemploi et d'économie circulaire pour éviter le gâchis et les dépenses d'énergie inutiles de plus en plus dans l'air du temps. Un peu dans le même esprit que les boîtes à livres qu'on trouve maintenant un peu partout. L'association se dit d'ailleurs prête à soutenir d'autres murs de la solidarité ailleurs en France.

"Quand on a parlé de cette idée sur les réseaux sociaux, on a eu beaucoup de commentaires de gens qui trouvaient que c'était une bonne initiative. C'est aussi pour ça qu'on a monté ce projet. On trouvait que c'était de belles initiatives partout où elles naissaient à l'étranger et on aimerait voir des murs de la solidarité apparaître un petit peu partout en France."

En attendant de faire école ailleurs en France, le Mur de la solidarité étudie avec la municipalité d'Amiens d'autres lieux possibles d'implantation dans la ville.

Références

L'équipe

Lionel Thompson
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