Pierre-Jean Glasson, directeur de Compost'Age et maître composteur ©Radio France - Lionel Thompson
Pierre-Jean Glasson, directeur de Compost'Age et maître composteur ©Radio France - Lionel Thompson
Pierre-Jean Glasson, directeur de Compost'Age et maître composteur ©Radio France - Lionel Thompson
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Résumé

Faire du compost avec ses déchets végétaux est une activité en plein développement qui n'est plus réservée aux campagnes. L'association Compost'Age accompagne depuis plus de 10 ans la réalisation de composts de proximité dans la région de Poitiers.

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Pierre Jean-Glasson, directeur de Compost'Age, est maître composteur. Rien de ce qui concerne cet art ne lui est étranger. 

Ce qui est génial avec le compost, c'est de découvrir les petites bêtes. Concrètement, là, juste en remuant un peu, on voit qu'il y a des cloportes, des larves de mouches soldats, là on a un ver Eisenia, un ver de fumier. On va avoir de minuscules petites choses comme les collemboles, je crois que c'est mes préférés. C'est un insecte, en fait, qui sous son abdomen a une espèce de ressort qui va lui permettre de sauter jusqu'à 20 fois sa taille. Et c'est des super-décomposeurs !

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Installé dans d'anciennes usines transformées en tiers-lieu à Ligugé, à côté de Poitiers, Compost'Age accompagne une centaine de points de compost de proximité dans la région, initiés en majorité par des collectivités. L'association propose aussi des ateliers ou des formations autour du compost. Car faire son compost est assez simple mais il ne faut pas faire n'importe quoi.

Ce sont les petites bêtes qui fabriquent le compost. Comme tout être vivant, elles ont besoin d'une nourriture équilibrée. On va leur amener nos déchets de cuisine mais ça ne suffit pas. Il faut ajouter des éléments "bruns", qui amènent du carbone : des feuilles sèches, du broyat de végétaux, de la paille, du foin... Comme ça, on va équilibrer correctement un compost. Il faut aussi leur apporter de l'oxygène. Donc, de temps en temps, le plus régulièrement possible, un brassage à la fourche ou avec un autre outil. Et puis on surveille l'humidité. Il ne faut pas que ce soit une piscine, qu'il y ait trop d'humidité, mais il ne faut pas non plus que ce soit la sécheresse. Donc en plein été, on va arroser de temps en temps.

Tri obligatoire en 2024

L'association fait partie du Réseau compost citoyen qui regroupe plus de 400 organisations à travers la France pour développer ces composts de proximité qui permettent de valoriser les déchets organiques au plus près de leur lieu de production et de les réutiliser.

On va pouvoir utiliser ce compost pour son potager, pour rempoter ses plantes, etc. Et puis, vu la production de biodéchets que nous avons et qu'il faudra traiter, il va falloir qu'on crée des liens avec le monde agricole, avec le maraîchage... Tout ça est en train de se structurer au niveau national, régional et, pour nous, au niveau local. L'idée, c'est vraiment de mettre en place des composteurs partout où il y a production de biodéchets, que ce soit en milieu urbain ou en milieu rural. Il y a des biodéchets partout. C'est sûr qu'en milieu rural on a plus de surfaces pour traiter ces biodéchets, les valoriser en proximité, mais en milieu urbain il y a beaucoup de solutions également.

Il va bien falloir effectivement développer la filière car le tri des déchets organiques va devenir obligatoire dans toute l'Union Européenne à partir de 2024. Et ces déchets triés, il faudra les valoriser.