Cyprien Cambier, fondateur de Growsters, dans Les jardins suspendus de la Maillerie
Cyprien Cambier, fondateur de Growsters, dans Les jardins suspendus de la Maillerie ©Radio France - Lionel Thompson
Cyprien Cambier, fondateur de Growsters, dans Les jardins suspendus de la Maillerie ©Radio France - Lionel Thompson
Cyprien Cambier, fondateur de Growsters, dans Les jardins suspendus de la Maillerie ©Radio France - Lionel Thompson
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Amener la campagne dans les villes est une ambition de plus en plus partagée. Après avoir créé des jardins en entreprises, Growsters, jeune entreprise lilloise, veut développer un réseau de jardins partagés pour les particuliers.

Le premier de ces jardins, inauguré au début de l'été, est perché à 21 mètres de haut, sur 800 mètres carré du toit-terrasse d'une ex-usine de la Maillerie. Sur cet ancien site industriel de Villeneuve-d'Ascq émerge actuellement un écoquartier.

Cyprien Cambier, fondateur de Growsters, accueille ce matin-là une nouvelle jardinière. Elle vient choisir la parcelle qu'elle a réservée. Cyprien l'invite à déambuler dans les allées pour en désigner une parmi celles qui sont encore libres et lui donner, ensuite, le badge qui lui permettra d'y accéder librement. Cette nouvelle adepte a découvert le lieu grâce à des affichettes distribuées devant l'école de son fils.

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"J'habite à 1,5 kilomètre d'ici. Qu'est-ce que j'attends de cette parcelle ? Des fruits et des légumes ! Et puis, pour tout vous dire, moi j'habite en ville parce que je n'ai pas le choix mais je n'en peux plus de la bétonisation des villes. Je rêve de casser le béton et de mettre des arbres à la place. Je n'ai pas de voiture et c'est comme ça ! Le concept de ces jardins me plaît."

Le concept, ce sont donc des parcelles à louer, 25 euros par mois, que l'on peut ensuite cultiver comme on veut avec les conseils d'un maraîcher professionnel, la mise à disposition de matériel et des réunions régulières entre jardiniers urbains. On cultive la convivialité mais pas seulement : le but est bien de produire, précise Cyprien Cambier.

"Notre objectif, c'est que chaque membre récolte véritablement plus que s'il n'avait pas été accompagné et donc qu'il soit capable de récolter sur une parcelle, en moyenne, plus que l'équivalent de 25 euros par mois en épicerie bio. Cet été, ça va être plutôt beaucoup plus."

La saison a été bonne, en effet. Les jardiniers des Jardins suspendus de la Maillerie ont par exemple récolté 350 kilos de blettes sur moins de 400 mètres carré.

"Répondre à un besoin alimentaire"

Pour obtenir ces rendements et tenir la promesse d'un minimum de deux paniers mensuels de fruits et légumes par parcelle en moyenne, Growsters applique des méthodes empruntées à la fois à la permaculture et à la culture bio intensive.

"C'est la contraction de deux concepts. La permaculture, qui est le jardinage en s'inspirant du vivant, et l'agriculture bio intensive dont le principe est d'optimiser la production sur des petites surfaces pour être capable de produire plus. C'est vraiment l'objectif : cultiver en s'inspirant du vivant mais aussi répondre véritablement à un besoin alimentaire, au-delà de l'aspect pédagogique."

Pour la pédagogie, il y a des ateliers, pour adultes et pour enfants. Et pour essayer de mesurer et objectiver l'impact de ces espaces de verdure sur le milieu urbain, Growsters a aussi installé des instruments de mesures météo.

"On va installer ces petites centrales météo dans nos différents jardins d'une certaine taille, ce qui va nous permettre, au fur et à mesure, d'être un peu une centrale météorologique de la végétalisation en ville. C'est important de mesurer l'impact parce qu'on parle beaucoup d'agriculture urbaine mais sans forcément savoir si ça a vraiment un impact carbone sur le long terme. Normalement, on pense que la végétalisation a l'avantage de retenir l'eau, de rafraîchir l'espace grâce à l'évapotranspiration, de créer des lieux d'ombre et de rafraîchir la ville."

L'idée est donc de multiplier et de mettre en réseau ces vergers urbains pour particuliers qui constitueront des lieux de convivialité, de production de nourriture et des îlots de fraîcheur.

Pour aller plus loin : les articles consacrés à l'agriculture urbaine sur le site de l'INRAE.