Bastien Carron, Rebooteille
Bastien Carron, Rebooteille ©Radio France - Lionel Thompson
Bastien Carron, Rebooteille ©Radio France - Lionel Thompson
Bastien Carron, Rebooteille ©Radio France - Lionel Thompson
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C'est une idée presqu'aussi vieille que les bouteilles : les consignes sont en train de renaître pour réemployer les bouteilles en verre, plutôt que de les jeter ou les recycler. A Lyon, une jeune entreprise nommée Rebooteille s'y attelle.

Au départ, c'était une association, fondée par Nils et Stéphane, deux trentenaires interloqués par le gâchis que représente le broyage des bouteilles en verre pour... en refaire des bouteilles, ce qui dépense 80% d'énergie en plus que de simplement les laver pour les réutiliser. L'association est devenue une coopérative, Rebooteille, et les deux initiateurs ont été rejoints par Bastien qui nous accueille dans le magasin Prairial de Vaux-en-Velin, pionnier du bio et point de collecte.

Les bouteilles sont étiquetées avec une vignette "Rebooteille, rapportez-moi" et sont vendues avec une consigne de 50 centimes. Il y a beaucoup de bières, du vin, bientôt des bouteilles d'huile et de vinaigre qui seront consignées également. Une fois les bouteilles rapportées par les clients, le magasin les collecte, on les lave et on les redistribue aux producteurs de boissons.

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Le principe est simple et pas vraiment nouveau, pourtant il avait progressivement disparu.

Ca s'est perdu dans les années 70 au profit du plastique à usage unique, à une époque où on n'avait pas encore conscience des enjeux environnementaux, comme aujourd'hui. Ca revient. L'avantage qu'il y a à le recréer de toutes pièces, c'est qu'on peut faire la promotion d'une consigne locale, sur les départements de l'Ain, du Rhône et de la Loire. Il y a beaucoup de projets qui émergent : Bout' à bout' en Pays de Loire, Ma bouteille s'appelle revient en Drôme Ardèche, Alpes consigne autour de Grenoble, Consign'up à Toulouse, Haut la consigne dans le Nord… Plein d'initiatives à aller rencontrer.

Acquérir sa propre machine à laver

Pour Rebooteille, il y a une soixantaine de points de collecte et 25 producteurs, surtout des brasseurs, qui confient leurs bouteilles. Elles sont lavées pour le moment par "Ma bouteille s'appelle revient", à Valence, en attendant que Rebooteille ait sa propre machine à laver.

Ce sont des machines industrielles qui garantissent un lavage de qualité à des cadences élevées, plusieurs milliers de bouteilles à l'heure. Pour ça, il faut des financements importants. On y travaille. Il faut également des volumes de bouteilles suffisants, donc on travaille aussi à faire grandir l'activité pour justifier l'utilisation de notre propre outil.

Pour les magasins qui servent de point de collecte, comme Prairial, c'est un engagement qui correspond bien aux valeurs du bio, même si ça impose quelques contraintes, reconnait la gérante du magasin, Véronique Charvin.

C'est une contrainte, c'est compliqué, il faut se lancer. Mais on sait qu'on le fait pour de bonnes raisons, donc on accepte complètement cette contrainte supplémentaire. Les gens étaient très contents de voir revenir la consigne. Il commencent à nous demander qu'est-ce qui est consigné et à prendre l'habitude.

Une cliente acquiesce et trouve qu'il serait pas mal que les consignes soient remises en place partout. Ca éviterait du gâchis, ajoute-t-elle. Pour les clients, c'est une habitude à reprendre et pour ça, Bastien aimerait un coup de pouce du politique.

Ce qui serait un vrai accélérateur, c'est qu'il y ait une loi qui remette en place la consigne avec une incitation pour aider les producteurs et les magasins à les réinstaurer.

Et vous, êtes-vous prêts à ramener vos consignes ?