Thomas Wolber et des membres de l'équipe de la Cravate solidaire mobile, dans leur camion ©Radio France - Lionel Thompson
Thomas Wolber et des membres de l'équipe de la Cravate solidaire mobile, dans leur camion ©Radio France - Lionel Thompson
Thomas Wolber et des membres de l'équipe de la Cravate solidaire mobile, dans leur camion ©Radio France - Lionel Thompson
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Résumé

La Cravate solidaire lutte contre les discriminations à l'embauche en aidant des personnes en recherche d'emploi ou de formation. En région parisienne, l'association propose même depuis 3 ans des ateliers mobiles.

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Trois fois par semaine, le camion bleu de la Cravate solidaire stationne dans une commune de Seine-Saint-Denis, du Val d'Oise, ou plus épisodiquement des Yvelines. Une façon de se rapprocher de ceux qui n'ont pas forcément les moyens de venir à Paris dans ces départements nous explique Thomas Wolber, responsable de ce projet mobile.

"L'idée, c'est de faciliter l'accès à nos ateliers aux personnes pour qui la mobilité peut être un frein, pour différentes raisons. Ca peut être d'ordre financier, tout d'abord, ou géographique, c'est évident."

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Le local historique de la Cravate solidaire à Paris est situé dans le 13ème arrondissement, un quartier plutôt excentré, dans le Sud-Est de la capitale, pas forcément accessible pour tout le monde, effectivement. C'est de ce constat qu'est né le projet mobile.

Le jour où nous sommes allés à leur rencontre, le camion stationnait à Bondy. Les bénéficiaires, adressés à l'association par les structures sociales partenaires, passent d'abord entre les mains de Fabienne, bénévole, qui leur fournit une tenue adéquate pour un entretien d'embauche.

"Mon rôle, c'est de relooker les jeunes. Souvent, maintenant, ils aiment surtout porter des joggings. Quand on leur dit qu'il faut mettre un pantalon plus "civilisé", ils ont un petit peu de mal mais avec un peu de douceur, ça va tranquillement ! Je discute avec eux, je leur demande leur avis, s'ils sont à l'aise, les couleurs qu'ils aiment, etc. En fonction de ça, je leur propose ce que j'ai."

Un jeune homme qui sort du dressing avec un costume-cravate confirme : il n'est pas habitué à porter ce genre de tenue mais il constate que ça lui va pas mal, en fait. Il est conscient aussi de l'importance de l'apparence vestimentaire pour un entretien d'embauche.

"C'est important si on veut trouver du travail. Le recruteur, va voir qu'on est en tenue correcte. Du coup, on a plus de chances d'être pris."

D'autant qu'il veut postuler à des emplois d'agent d'escale en aéroport, un métier en contact avec la clientèle où le look est important. Le costume que lui donne l'association provient, comme tous les vêtements récoltés par l'association de dons de particuliers ou d'entreprises partenaires.

Lutter contre les discriminations

Après le passage au dressing, la deuxième étape consiste en un entretien blanc avec deux professionnels des ressources humaines, dont ce jour-là Germain, détaché par son entreprise en mécénat de compétence.

"On leur donne des conseils sur le verbal et le non verbal, c'est à dire la posture à tenir face au recruteur : le regarder dans les yeux, ne pas avoir une posture replié sur lui-même, les bras croisés, etc."

Les conseils portent également sur les questions que vont leur poser les recruteurs et qui peuvent les déstabiliser. Les intervenants essaient de les préparer à répondre à ces questions, pour qu'ils arrivent sereins le jour de l'entretien.

Car tout le monde n'est pas égal devant un entretien d'embauche. Aider les candidats à disposer d'une tenue adaptée, parfois onéreuse, à connaître les pièges éventuels, c'est une façon de lutter contre des discriminations. Les recruteurs doivent aussi en prendre conscience, estime Thomas Wolbert.

"Il y a des discriminations liées à l'apparence, à la posture professionnelle. On lutte contre ça en formant les candidats mais on a aussi un volet formation pour les recruteurs. L'idée, c'est d'avoir une harmonisation des attentes, d'un côté comme de l'autre, et que l'emploi soit plus facilement accessible, pour les personnes qualifiées ou moins qualifiées. Que chacun ait sa chance de pouvoir réaliser son projet professionnel."

Si vous voulez aider La Cravate solidaire comme bénévole, vous pouvez les contacter, il y a des antennes dans une douzaine de ville en France.