Les bénévoles du Bus du Coeur distribuent des repas tous les soirs au Mans ©Radio France - Lionel Thompson
Les bénévoles du Bus du Coeur distribuent des repas tous les soirs au Mans ©Radio France - Lionel Thompson
Les bénévoles du Bus du Coeur distribuent des repas tous les soirs au Mans ©Radio France - Lionel Thompson
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Résumé

Au Mans, les bénévoles des Restaurants du Cœur ne se contentent pas de distributions fixes. Ils vont aussi au devant des plus précaires avec un bus qui a inauguré depuis peu un nouveau point de distribution.

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19h00 un lundi soir, les bénévoles s'affairent pour charger leur bus qui va distribuer de la nourriture toute la soirée. Guy Coujandassamy, le co-responsable, nous détaille le menu du soir.   

C'est un repas complet. Il y a une soupe, un sac avec un sandwich, yaourt, laitage, fruit. Et un plat chaud, aujourd'hui on a du poulet et des œufs également. 

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Dans un coin de la cuisine, Joël bénévole, découpe des parts de gâteau. Chacun semble savoir ce qu'il a à faire, tout paraît bien organisé. 

Ah oui, on est bien rôdés ! Avec Guy, ça n'a pas intérêt à traîner. Il a un main de fer dans un gant de velours, comme on dit. Ca roule !

Ca roule dans un bus qui compte 800.000 kilomètres au compteur mais qui a fière allure, fraîchement repeint aux couleurs de l'association par un artiste graffeur. Premier arrêt dans le quartier populaire de Pontlieue, où l'association a commencé les distributions cette année pour toucher des personnes qui n'ont pas forcément les moyens de venir en centre-ville, nous dit Martine, l'autre co-responsable.

Ce sont des familles précaires, des travailleurs pauvres... Une fois qu'ils ont payé le loyer, les charges, l'électricité, l'eau, ils n'ont plus assez pour acheter à manger. On pense pouvoir joindre ces familles. On a quelques personnes nouvelles qui arrivent, ça vient petit à petit. Le bouche-à-oreille doit commencer à fonctionner.

Une fois les tables installées, les bénévoles commencent la distribution, demandent à chacun ce qu'il préfère : de l'eau ou du jus de fruit ? Des sandwiches ? On demande à un bénéficiaire s'il est habitué à venir à la distribution.

Je viens depuis que ça a commencé, le 17 janvier. J'habite pas loin d'ici, donc c'est plus pratique. J'ai un logement mais je touche pas beaucoup d'argent, alors c'est vrai que ça permet de venir ici.

Donner de son temps pour aider, c'est normal

D'autres bénéficiaires de ces distributions libres et sans inscription sont en revanche sans domicile. Ce qui pousse parfois certains bénévoles à aller au-delà du rôle de l'association.

Le pire c'est quand on distribue à des personnes qui sont sans abris. On sait que nous on va rentrer bien au chaud. Inutile de vous dire que ça vous remue ! Moi une année -j'avais pas le droit, hein- j'ai hébergé une mamie qui n'avait pas de domicile. J'ai hébergé un tchétchène sans papier. J'ai hébergé un mec qui s'appelle Jérôme, quand il est venu ici pour la première fois, je me suis dit mais putain, qu'est-ce qu'il vient foutre là lui ? Il était impeccable ! Sa famille est sur Le Mans mais visiblement il a des problèmes relationnels. Je lui ai dit : "écoute, Jérôme, tu viens chez moi."

Sans aller jusque-là, les bénévoles donnent tous de leur temps un soir par semaine. Un engagement qui semble aller de soi pour Guy Coujandassamy, lui-même jeune retraité.

Pour moi c'est naturel. Partager un peu et donner de son temps, c'est normal. D'ailleurs, la plupart des bénévoles que vous voyez ici, c'est des gens qui viennent de finir leur journée de travail et ils viennent après ici. Chaque jour, c'est comme ça.

Après une heure passée quartier Pontlieue, le bus repart pour son deuxième point de distribution, en centre ville. Les Restaurants du Cœur ont d'autres bus comme celui-ci ailleurs en France qui vont au devant des bénéficiaires.

Références

L'équipe

Lionel Thompson
Production