Les caleçons en fibre de bois de Mont So Ride Wear ©Radio France - Lionel Thompson
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Résumé

Porter des caleçons en bois, ça peut faire sourire mais c'est possible. La fibre de bois, plus écolo que le coton, est de plus en plus utilisée dans le textile. Exemple en Savoie avec l'entreprise Mont So Ride Wear.

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C'est une petite et toute jeune marque de vêtements de sport installée en périphérie de Chambéry et créée par une ancienne assistante dentaire, qui a décidé de se reconvertir, Fabienne Petetin. Quand elle dit qu'elle vend des slips en bois, évidemment elle essuie quelques blagues en retour...

"Ca fait rire tout le monde, moi la première, je confirme ! Ca a un petit côté marketing. On a voulu essayer de trouver des petits noms à tous ces vêtements mais, en même temps, un t-shirt en coton, c'est un t-shirt en coton et un slip en bois... Bah c'est un slip en bois !"

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On vous épargne les blagues, pas forcément très fines, autour de ce sous-vêtement. Ce bois, c'est du tissu bien sûr, fabriqué à partir de fibre de bois par une entreprise autrichienne, tissé en Turquie, et avec lequel Mont So Ride Wear confectionne non seulement des caleçons mais aussi des t-shirts, des shorts, des leggings... Un tissu dans lequel il y a un peu d'élasthanne, pour le rendre plus durable, et qui ne se travaille pas tout à fait comme le coton, nous explique Fabienne Petetin.

"Ce n'est pas aussi facile à travailler, un peu comme la soie en fait. C'est assez fuyant sur les machines, ça demande un geste assez précis. C'est pour ça qu'on met un peu plus de temps pour faire un short en bois, par exemple, qu'un short en coton."

"Quand on achète un vêtement, il faut se rappeler qu'on donne avant tout des heures de travail aux couturières et là, c'est un petit peu plus long que le coton."

C'est aussi ce qui explique, nous dit-elle, en plus du prix de la matière première, le coût plus élevé de ces vêtements : 49 euros le caleçon. Ce n'est effectivement pas du premier prix mais c'est le prix à payer, selon Fabienne Petetin, pour du made in France avec un tissu écoresponsable.

"Je ne vois pas l'intérêt de faire du sport en portant du plastique"

La fondatrice de Mont So cherchait dès le départ à travailler avec une matière végétale et naturelle, pour ne pas utiliser des matières polyester. Elle a d'abord pensé à la laine mérinos mais elle a constaté que cette matière est importée d'assez loin (essentiellement d'Australie) et ça ne lui correspondait pas du tout.

"Le bois, on en a beaucoup en Europe. En l'occurrence, on travaille le Lyocell qui est, principalement, du hêtre. C'est des forêts éco gérées. Le bois est transporté en train, traité en circuits d'eau fermés, avec des solvants naturels et biodégradables, sans produits chimiques ou toxiques."

Pour une tonne de fibre de la marque Lyocell produite, le fabriquant estime que 50 kilos de CO2 sont émis, comparés à 2000 kilos pour une tonne de coton. Un rapport de 1 à 40 en bilan carbone à l'avantage du bois.

L'idée est aussi de créer des emplois locaux. L'entreprise créée en 2019, fabrique en petite quantité, quasi à la demande et sans stock, avec seulement 5 salariés, mais elle compte grandir avec des personnes en insertion, ou porteuses d'un handicap.

"Le projet a toujours été aussi de donner une chance à ceux qui veulent travailler, ceux qui ont envie d'apprendre un métier. Moi j'ai eu cette chance là, j'ai envie de la donner à d'autres."

Mont So Ride Wear vient de se voir attribuer l'agrément entreprise d'insertion et compte créer deux postes en insertion dès septembre prochain. Fabienne Petetin espère pouvoir en créer encore plus au fur et à mesure du développement de la marque. "Nous sommes une entreprise à mission", ajoute-t-elle, tout le bénéfice repart uniquement dans l'achat de machines, pour pouvoir faire travailler des gens, et dans l'emploi.