Les enfants de l'orchestre Demos de Roissy Pays de France en répétition ©Radio France - Lionel Thompson
Les enfants de l'orchestre Demos de Roissy Pays de France en répétition ©Radio France - Lionel Thompson
Les enfants de l'orchestre Demos de Roissy Pays de France en répétition ©Radio France - Lionel Thompson
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Résumé

Grâce au dispositif Demos, la Cité de la musique et la Philharmonie de Paris permettent depuis 12 ans à des enfants de quartiers prioritaires partout en France de s'initier à la musique classique. Une façon de démocratiser répertoire et pratique.

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Un mercredi après-midi, dans une grande salle de répétition de la Philharmonie de Paris, une centaine d'enfants de l'un des 11 orchestres Demos de la région parisienne se retrouvent en formation entière pour une des dernières répétitions avant les concerts de fin d'année. A la baguette, le chef d'orchestre Pierre Boudeville.

"Ils sont très, très nombreux ! Arriver à les mobiliser alors qu'ils sont encore un peu novices avec leur instrument, surtout les première année, arriver à capter leur attention alors qu'ils viennent juste d'avoir leur instrument qui est comme un nouveau jouet, maintenir leur attention pour faire quelque chose tous ensemble, ça demande un peu d'énergie !"

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Les enfants, sélectionnés par des structures de quartier, viennent ce jour-là des environs de Roissy. Comme Lila et Mathis, 10 et 11 ans, la plupart n'avaient jamais touché un instrument avant que Demos ne leur en confie un.

"C'est bien de découvrir un instrument, surtout qu'on n'a pas la chance tous les jours de faire ça."

Mathis joue du violon et confie qu'avant de participer à Demos, il ne connaissait pas du tout Hector Berlioz, le compositeur de la Symphonie fantastique dont est extrait la Marche au supplice sur laquelle il travaille avec ses camarades.

Un évènement pour toute la famille

Lila, elle, joue de la flûte traversière. Un instrument un peu difficile pour lequel le souffle est compliqué à gérer, explique-t-elle. Elle aussi a découvert les compositeurs classiques grâce à Demos.

"J'ai réécouté la musique du concert de l'année dernière plusieurs fois, par exemple, parce que je l'aimais bien. C'était Brahms, Danse hongroise numéro 5."

Eric Lemaire, directeur adjoint de Demos, résume la philosophie de ce dispositif qui vise à démocratiser la pratique de la musique.

"C'est lutter contre les idées pré-reçues que la musique classique serait réservée à une élite. Notre approche, c'est vraiment de dire : la musique classique est accessible à tous. Les enfants, avant de démarrer l'instrument, font quelques semaines de danse et de chant. Ce n'est qu'après, dans un deuxième temps, qu'on remet l'instrument."

Une pédagogie adaptée, qui passe par la pratique et par le jeu, qui incite la moitié des enfants à continuer à pratiquer après 3 ans au sein de Demos. Et le dispositif est appelé à gagner encore de nouvelles régions, notamment rurales. Il touche au delà des enfants, estime Eric Lemaire.

"Les enfants sont les bénéficiaires directs mais le fait qu'un instrument classique arrive au sein de la famille c'est, finalement, un évènement pour toute la famille et ça va sensibiliser les frères et sœurs, les parents à la musique classique."

Les familles qui, bien sûr, seront toutes à la Philharmonie de Paris pour assister aux concerts Demos de fin d'année, vendredi 17, samedi 18 et dimanche 19 juin.