Laurent Séguier et ses machines à nettoyer les vinyles
Laurent Séguier et ses machines à nettoyer les vinyles
Laurent Séguier et ses machines à nettoyer les vinyles ©Radio France - Lionel Thompson
Laurent Séguier et ses machines à nettoyer les vinyles ©Radio France - Lionel Thompson
Laurent Séguier et ses machines à nettoyer les vinyles ©Radio France - Lionel Thompson
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Résumé

Les bons vieux disques en vinyle sont loin d'être morts. Il connaissent même un regain d'intérêt. Un passionné installé en région parisienne a inventé un procédé pour les nettoyer et leur redonner une seconde jeunesse.

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Dans le petit local de Record Clinic, à Tessancourt-sur-Aubette dans les Yvelines, c'est derrières des étagères entièrement garnies de disques vinyle que se cachent les machines sur lesquelles opère Laurent Séguier.

Des machines qu'il a conçues et construites, comme la machine de séchage qui clôt le cycle de nettoyage et qui est en cours de brevetage.
Il a utilisé pour cela des pièces qui servent habituellement dans la robotique mais a aussi usiné lui-même un grand nombre de pièces. C'est un des aspect de son projet qui l'a particulièrement intéressé.

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Ca m'a obligé à me remettre à la programmation, un peu à l'électronique, la mécanique, la micromécanique et également un peu d'hydraulique... C'était quand même assez stimulant de faire ça !

Avant l'ultime étape du séchage, les disques sont passés dans quatre autres machines qui les dépoussièrent, les prélavent, les nettoient avec des ultrasons, puis les rincent. Ce procédé qu'il a mis au point peut nettoyer jusqu'à 120 disques par jour. Laurent Séguier est un des seuls à en avoir fait son activité principale, après l'avoir testé sur sa propre collection qu'il qualifie de collection "martyre", sur laquelle il a essayé pas mal de choses.

Je continue d'ailleurs à utiliser mes disques pour tester les idées qui me viennent d'amélioration du processus de nettoyage.

Il possède 4000 disques 30cm et, dans des cartons entreposés dans un autre coin de la pièce, des 45 tours dont il évalue le nombre à une dizaine de milliers.

"Il y a de quoi faire" , s'amuse-t-il !

Laurent Séguier, vous l'aurez deviné, est passionné de musique

Une passion dont il a décidé il y a deux ans de faire sa profession.

Avant, j'étais informaticien et cadre bancaire. C'était beaucoup moins drôle ! Je suis un musicien un peu raté, qui ne s'est pas accompli par manque de talent, et je voulais travailler sur le son et sur le disque, un média que j'affectionne particulièrement.

Une autre façon d'écouter la musique

Laurent Séguier peut maintenant nettoyer en musique les disques de ses clients, souvent des passionnés comme lui, qui veulent restaurer ou entretenir des pièces parfois rares. Un disque de Frank Sinatra d'une valeur de 700 euros lui a par exemple été confié. Nettoyer ses disques n'est pas seulement une coquetterie ou un confort : cela entretient leur valeur alors que le disque vinyle, qu'on promettait à la disparition, connait un regain.

Il y a un regain indéniable, dû en partie à un petit effet de mode, mais je m'en félicite parce que les jeunes redécouvrent ce média qui suppose une autre façon de consommer et d'écouter de la musique : on profite d'une pochette, du graphisme, il y a une façon aussi de se poser, d'écouter une oeuvre telle qu'elle a été conçue par l'artiste. Je pense que les jeunes aprécient ça. Et puis il y a les autres, qui n'ont jamais lâché l'affaire !

Outre le nettoyage, Record Clinic propose aussi de redresser les disques gondolés, grâce à une presse chauffante. Et dans le genre vintage, Laurent Séguier s'est aussi équipé pour restaurer les K7 audio et les CD. Bref, il peut faire le bonheur de tout ceux que la musique dématérialisée et en ligne n'a pas complètement détourné des supports physiques traditionnels.

Références

L'équipe

Lionel Thompson
Production