Stade de la Beaujoire lors d'un match du FC Nantes - Louis de Bergevin
Stade de la Beaujoire lors d'un match du FC Nantes - Louis de Bergevin
Stade de la Beaujoire lors d'un match du FC Nantes - Louis de Bergevin
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Résumé

Il y a des supporters de foot qui ont de la suite dans les idées. L'association A la nantaise milite depuis 10 ans pour l'entrée des supporters au capital du FC Nantes. Ce ne serait pas une première mais c'est encore assez rare dans le foot professionnel français.

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Ce n'est pas au stade que nous avons rencontré Jean-Pierre Clavier, vice-président d'A la nantaise, mais dans l'ambiance beaucoup plus feutrée d'un café du centre-ville de Nantes. Ce professeur de Droit supporte les canaris depuis l'enfance.

Gamin, c'était la sensation qui conduisait à monter un escalier qui débouchait sur le terrain. Un terrain vert qui brillait, cet espèce de flash vert absolument fascinant. J'ai souvenir d'une ambiance dans la tribune, de vendeurs de cacahouètes qui passaient. Puis, la sortie du stade. Quand on est gamin, on est petit, on est un peu bousculé, il y a une espèce de sentiment d'oppression mais c'est fabuleux ces souvenirs ! Evidemment, aujourd'hui, ce n'est plus la même sensation mais, quand même, il reste un petit truc.

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Nostalgie de l'époque où le FC Nantes dominait le foot français avec un jeu collectif léché, le jeu "à la nantaise" qui a donné son nom à l'association, et un centre de formation qui a fait éclore des générations de champions. Aujourd'hui, le club dirigé depuis 2007 par le sulfureux homme d'affaire franco-polonais Waldemar Kita est dans le ventre mou du championnat. A la nantaise aimerait qu'il retrouve son prestige, son âme, et milite pour que les supporters entrent au capital.

Les supporters constituent une famille absolument essentielle du football. C'est impossible d'imaginer le football, le spectacle, avec ces tribunes vides, silencieuses. Donc les supporters doivent être représentés au sein du FC Nantes. Sans évidemment avoir à en prendre le contrôle, ce n'est pas du tout notre projet.

Mais entrer au capital, même de façon minoritaire, c'est impensable tant que Kita est propriétaire du club.

Presque tous les sujets concernent les supporters

Alors, A la nantaise travaille pour l'avenir et a fondé une SAS avec un petit capital de 50.000 euros, en espérant qu'un jour les supporters auront leur mot à dire.

Presque tous les sujets concernent les supporters. Ne serait-ce que les politiques d'accueil, les prix des places, l'animation... Mais aussi, par exemple, le blason du FC Nantes qui est modifié -ça a beaucoup agité les supporters nantais. C'est la représentation du club, ça entraîne des conséquences importantes dans l'esprit des gens.

Depuis peu, est apparu un projet de reprise du club nommé le Collectif nantais, porté notamment par l'ancien joueur Mickaël Landreau et soutenu par les autres associations de supporters. Pour éviter les divisions, A la nantaise propose de réunir supporters, collectivités locales et investisseurs dans une coopérative, une SCIC. Idée qui doit encore faire son chemin mais qui permettrait, dit Jean-Pierre Clavier, un contre-modèle au foot business.

On sait très bien qu'il faut de l'argent. Mais on peut aussi, tout en mobilisant beaucoup d'argent, avoir les pieds dans ce territoire, avoir des acteurs qui ne sont pas des acteurs financiers, qui vont avoir un autre regard, il y a d'autres valeurs à mettre en avant.

Dans le foot français le premier club professionnel a avoir adopté ce statut coopératif est un autre club historique, le Sporting Club Bastia, mais il est pour le moment en Ligue 2.

Références

L'équipe

Lionel Thompson
Production