Trois salariés de la ressourcerie Treuzkemm de Quimper discutent à l'entrée de leur nouveau lieu de vente. ©Radio France - Lionel Thompson
Trois salariés de la ressourcerie Treuzkemm de Quimper discutent à l'entrée de leur nouveau lieu de vente. ©Radio France - Lionel Thompson
Trois salariés de la ressourcerie Treuzkemm de Quimper discutent à l'entrée de leur nouveau lieu de vente. ©Radio France - Lionel Thompson
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Résumé

Les ressourceries ont fleuri un peu partout en France ces dernières années. Elles ne se contentent pas de recycler, elles sensibilisent aussi le public à la réductions des déchets. Exemple à Quimper, avec l'association Treuzkemm.

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Treuzkemm, signifie transformation en Breton, puisqu'avec les ressourceries, rien ne se perd, tout se transforme, ou presque. L'association, qui existe depuis 2014 et emploie 10 salariés, a déménagé depuis peu dans un grand hangar en périphérie de la ville. Aube Scoma, la directrice, nous présente Elisabeth, bénévole qui veille ce matin-là sur l'espace gratuit, à l'entrée du local.

"On a un peu rangé les livres aujourd'hui, quand même ! Il y a aussi des récipients, des jouets, des vêtements, de la vaisselle... Et le tout, gratuit. Il y a des clients très réguliers, qui viennent presque tous les mercredis."

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Cet espace propose les objets invendus ou trop abîmés pour la vente mais encore utilisables. Treuzkemm récupère 200 tonnes d'objets par an. Les trois quarts environ sont revendus, les autres sont offerts ou finalement jetés.

A l'entrée du grands entrepôt, un salarié est en train de peser les objets qui entrent. Tout est pesé, à l'entrée et à la sortie, par catégories.

Nous croisons une femme qui semble être une habituée des lieux.

"Je viens toutes les semaines. La première fois, je m'étais barré de chez mon ancien mec et je n'avais plus rien. Et ici, tu vois des trucs gratuits, donc t'hallucine ! Ils m'ont donné une chaise, une cafetière... Je te jure, je pleurais parce qu'ils m'ont grave aidée. Depuis ce jour-là, je viens là. Tout ce qui est chez moi vient d'ici et c'est trop joli chez moi !"

"Des lieux de rencontre"

Il y a les habitués par nécessité, ceux qui donnent, ceux qui achètent. L'association ne contribue pas seulement à une meilleure gestion des déchets, elle participe d'une certaine solidarité, ce qui ne sert plus aux uns peut servir aux autres, et propose de nombreux ateliers de sensibilisation, par exemple pour rénover un meuble.

"Les gens choisissent un meuble, un petit meuble hein, on ne va pas relooker une armoire bretonne ! Normalement, avant ils l'ont préparé, un peu poncé, etc. Et puis on transmet une technique. On repeint à l'ardoise, on peut fabriquer aussi la peinture, ajouter du papier peint à l'intérieur d'un meuble... C'est tout bête mais ça permet de faire son petit effet."

Et ça permet de redonner vie plutôt que de jeter. Une philosophie que partage cette cliente qui repart avec un appareil photo argentique. Elle s'est dit qu'elle aurait plus de chance de trouver ce type de vieil appareil qui ne se vend plus neuf en ressourcerie que dans un magasin. Elle dit aussi apporter d'autres fois des objets, plutôt que de les jeter.

"C'est systématique, oui. Je trouve que ça fait partie de l'éthique qu'on devrait tous avoir."

"L'ojectif principal, c'est le détournement de l'enfouissement et de l'incinération, donc réduire les déchets sur le territoire, précise Aube Scoma. Et puis il y a l'aspect solidaire : les ressourceries sont des lieux de rencontre où il va y avoir de l'échange et de la transmission de savoir."

L'association Treuzkemm espère aussi mettre bientôt en place une "matériauthèque", pour récupérer et revendre  à prix réduit des matériaux de chantiers réutilisables.