L'athlète nigériane Aminatou Seyni, "trop masculine", et privée de Jeux Olympiques
L'athlète nigériane Aminatou Seyni, "trop masculine", et privée de Jeux Olympiques
L'athlète nigériane Aminatou Seyni, "trop masculine", et privée de Jeux Olympiques  ©AFP - Jewel SAMAD
L'athlète nigériane Aminatou Seyni, "trop masculine", et privée de Jeux Olympiques ©AFP - Jewel SAMAD
L'athlète nigériane Aminatou Seyni, "trop masculine", et privée de Jeux Olympiques ©AFP - Jewel SAMAD
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Résumé

L'athlète hyperandrogène devait participer aux 200m des JO cet été. Mais elle a refusé de concourir plutôt que de prendre un traitement pour faire baisser son taux de testostérone.

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Un refus. Celui d'une athlète, d'une sprinteuse, qui devait participer aux Jeux Olympiques de Tokyo, cet été. Elle s'appelle Aminatou Seyni, elle a 24 ans, et elle est nigérienne. Elle devait être au départ du 200 mètres, l'une des épreuves phares de l'athlétisme, et des JO tout court. Mais Aminatou Seyni n'y sera pas. Victime de la fédération internationale d'Athlétisme, l'IAAF, et ses règlements. 

Rectificatif : ces mesures ne concernent que les courses allant des 400m aux 1500m. Plus de précisions en anglais sur le site de l'IAAF

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Rien à voir avec le dopage, ou la politique

Non, c'est parce qu'Aminatou Seyni est hyperandrogène. Trop "masculine" pour les instances internationales. Son taux de testostérone est supérieur au seuil autorisé. 

Alors, si Aminatou Seyni veut être au départ du 200 mètres des Jeux de Tokyo, la nigérienne devait prendre un traitement, des produits pour faire baisser ce taux de testostérone. Mais elle a dit non. Pas question. Et elle a préféré faire une croix sur Tokyo plutôt de prendre des médicaments qu'elle ne connait pas.

Ce qui suscite aussi l'incompréhension d'Aminatou Seyni, c'est que ces règles, pour encadrer les cas d'hyperandrogénie, sont censées concerner les épreuves du 400m et du 800m. Voilà pourquoi, il y a deux ans, la nigérienne avait abandonné le 400m, pour se concentrer sur les épreuves de sprint, les 100 et 200 mètres. Avec succès, d'ailleurs. Une revanche pour celle qui avait vécu des humiliations. Comme lors d'un meeting à Niamey, il y a six ans, où elle avait été mise à l'écart des épreuves le temps de vérifier si elle était bien une fille.

Son histoire rappelle celle d'une autre championne

Celle de la sud-africaine Caster Semenya... qui est devenu LE visage de ce débat autour de l'hyperandrogénie. Jugée trop rapide, trop forte, pour courir avec les femmes, parce qu'elle a trop d'hormones mâles. Toujours interdite de participer à certaines courses, cela fait 10 ans qu'elle a entamé son bras de fer avec l'IAAF. 

À réécouter : Caster Sémenya
3 min

D'ailleurs, le combat de Caster Semenya est plus que jamais d'actualité, puisqu'elle a saisi ces dernières semaines la cour européenne des droits de l'homme. La sud africaine, soutenue par son pays, espère toujours pouvoir s'aligner sur 200m cet été aux Jeux de Tokyo. Cette même épreuve, pour laquelle la nigérienne Aminatou Seyni était qualifiée, avant de renoncer.

Références

L'équipe

Xavier Monferran
Production