Enzo Lefort, escrimeur et photographe ! ©AFP - MILLEREAU PHILIPPE / KMSP
Enzo Lefort, escrimeur et photographe ! ©AFP - MILLEREAU PHILIPPE / KMSP
Enzo Lefort, escrimeur et photographe ! ©AFP - MILLEREAU PHILIPPE / KMSP
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Résumé

Un autre regard sur les Jeux olympiques de Tokyo, celui d'un médaillé olympique très éclectique. Découvrez les deux faces de Enzo Lefort, à la fois escrimeur et photographe.

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Le côté pile scintillant de l'escrimeur Enzo Lefort, c'est la médaille d'or par équipe au fleuret gagnée à Tokyo avec ses trois compères mousquetaires Erwann Le Pechoux, Julien Mertine et Maxime Pauty.

Le côté face, ce sont les 400 photos prises pendant les Jeux : le quotidien, les couleurs, les coulisses, les sourires, les larmes, les petits riens, les grands moments, ces paysages aussi et cette vie japonaise que le Guadeloupéen de 29 ans prend en appareil photo en bandoulière depuis dix ans de compétitions internationales. 

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Quelques uns de ses clichés étaient publiés hier dans le journal "L'Equipe", légendées par l'auteur comme le Mont Fuji et Tokyo dans sa verticalité immortalisée depuis des chambres d'hôtel, ou encore la machine à café, comme l'a surnomme Enzo Lefort. En fait, c'est la salle des kinés, de toutes disciplines où les athlètes se retrouvent pour les soins, papoter, regarder les épreuves à la télé. Bref, c'est le lieu de vie, de convivialité, comme la vraie machine à café en entreprise. 

Les photos témoins de la vie, c'est ça qui plaît à Enzo Lefort. Un homme, un jeune père ancré de plain-pied dans son époque, touche à tout, curieux des autres, du monde et des maux qui le rongent. La photo, c'est un autre moyen d'exprimer la créativité, la générosité qu'il démontre Fleuret à la main, de trouver un équilibre et d'évacuer la pression du sport de haut niveau. 

"Dans l'escrime, j'ai été un peu créatif, j'aime non pas créer des gestes violents mais allez là où on ne m'attend pas. Du coup, ça m'oblige parfois à créer des gestes qui ne sont pas forcément très conventionnels. C'est comme ça que je m'exprime le mieux. Je me surprends à être là, à on ne m'attend pas forcément. Et du coup, la photographie, ça m'aide à aller dans ce sens, exprimer mon côté créatif, mais hors de l'escrime. J'ai d'autres centres d'intérêts que ce soit la photographie, la mode, l'art en général. Ça fait vraiment entièrement partie de moi d'avoir ces autres centres d'intérêts qui font partie intégrante de ma performance".

Enzo Lefort a déjà publié deux livres de photos, le premier réalisé pendant le confinement "Behin the mask", pour évoquer le mouvement Black Lives Matter autrement. 

"Je n'ai pas trop aimé la façon dont ça a été traité en France était plus clivant que fédérateur", déplore le champion olympique. Je me suis dit que j'étais quand même un athlète antillais qui faisait un sport traditionnellement réservé à une certaine élite sociale. Et pourtant, je n'ai jamais souffert de discrimination". 

Alors Enzo Lefort a photographié l'univers de l'escrime, ses coéquipiers blancs, noirs, métisses, arabes, asiatiques, à travers les portraits d'une vingtaine de ses frères d'armes de l'équipe de France. 

Je voulais montrer que l'escrime est un sport moderne qui a su évoluer avec son temps dans l'équipement, mais aussi dans les mentalités

Le deuxième livre s'appelle "Hors piste" qui a été publié juste avant les Jeux de Tokyo. C'est un hommage à ce Japon qu'il aime tant. Il lui reste maintenant de trier les 400 photos rapportées des J.O pour offrir peut être un recueil, un écrin à sa médaille d'or.