Jeune fille palestinienne devant sa maison détruite par un bombardement israélien, dans la ville de Gaza. Comment éviter le retour de la violence ?
Jeune fille palestinienne devant sa maison détruite par un bombardement israélien, dans la ville de Gaza. Comment éviter le retour de la violence ?
Jeune fille palestinienne devant sa maison détruite par un bombardement israélien, dans la ville de Gaza. Comment éviter le retour de la violence ? ©AFP - Mohammed ABED / AFP
Jeune fille palestinienne devant sa maison détruite par un bombardement israélien, dans la ville de Gaza. Comment éviter le retour de la violence ? ©AFP - Mohammed ABED / AFP
Jeune fille palestinienne devant sa maison détruite par un bombardement israélien, dans la ville de Gaza. Comment éviter le retour de la violence ? ©AFP - Mohammed ABED / AFP
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Résumé

Israël et le Hamas ont accepté jeudi soir un cessez-le-feu après onze jours d’affrontements. Mais comment faire pour que cette trêve soit durable en l’absence de processus de paix et sans négociations avec le Hamas ?

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C’était un premier pas nécessaire pour mettre fin aux souffrances, mais le cessez-le-feu auquel sont finalement parvenus jeudi soir Israël et le mouvement Hamas, après dix jours d’affrontements, ne garantit qu’une trêve, pas une paix durable. 

Rien n’empêche que dans quelques mois ou quelques années, avec une autre étincelle, ça recommence. Comment briser ce cercle de la violence ? Aucun processus de paix n’est sur la table depuis des années, et le pourrissement alimente la radicalité.

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Les conditions d’une négociation n’existent pas aujourd’hui ; ni du côté israélien en l’absence de gouvernement stable et du fait d’une droitisation extrême ; ni du côté palestinien, profondément divisé. Le statu quo est pourtant intenable : il ne génère pas de la résignation, mais de la frustration et de la colère.

Alors il faut poser la question taboue : faut-il parler au Hamas ? De la même manière qu’hier, Israël a négocié avec l’Organisation de libération de la Palestine, l’OLP de Yasser Arafat, ce qui était alors interdit par la loi israélienne.

Quels peuvent être les arguments pour parler au Hamas ? La question reste pour l’heure rhétorique, surtout après les derniers événements ; et le Hamas est toujours considéré comme une organisation terroriste, responsable d’attentats aveugles. 

Mais on fait la paix avec ses ennemis, pas ses amis. Les Américains ont négocié avec les talibans en Afghanistan, qui sont coupables d’atrocités abominables. La question se pose pour un adversaire que l’on ne parvient pas à faire disparaître. 

Le Hamas se nourrit de l’absence de solution, et ne serait pas aussi fort dans un contexte porteur d'espoir. Il vit aussi du discrédit dans lequel s’enfonce l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, qui expédie les affaires courantes sans être porteuse de solutions. 

Le Hamas a beau être une organisation terroriste, il tire sa force du malheur ambiant, et n’en devient que plus fort, même lorsqu’il subit de lourdes pertes.

Depuis des années, les observateurs attentifs font état de factions opposées au sein du Hamas. L’une que l’on pourrait décrire comme « pragmatique », l’autre autour de sa branche armée, plus inflexible.

Le Hamas a fait, ces dernières années, des petits pas qui l’éloignent de sa position initiale visant à la disparition d’Israël. Le mouvement islamiste avait même accepté de participer aux élections prévues dans le cadre des Accords d’Oslo qu’il a pourtant rejetés. Mais ces élections ont été annulées par Mahmoud Abbas, vraisemblablement parce que le Hamas aurait fait un bon score. 

Hugh Lovatt, analyste au think tank ECFR (European Council on Foreign Relations), se demandait cette semaine si la dernière confrontation aurait eu lieu si les élections s’étaient tenues. La lutte armée devient plus difficile à justifier quand vous entrez dans un processus politique.

Plusieurs voix se sont prononcées ces dernières années pour tenter d’amener le Hamas à abandonner la violence et à devenir une force politique à part entière. Ca n’a pas été possible. C’est peut-être une hérésie, et le Hamas devra être jugé sur ses actes, pas ses paroles ; mais une fois le fracas des armes retombé, il faut bien se poser la question de l’« après », tout essayer pour ne plus revoir ces scènes qui ne font qu’alimenter la haine et les violences de demain.