Passager revêtu d’une combinaison de protection à l’arrivée à l’aéroport international de Pékin cette semaine.
Passager revêtu d’une combinaison de protection à l’arrivée à l’aéroport international de Pékin cette semaine. ©AFP - Noel CELIS / AFP
Passager revêtu d’une combinaison de protection à l’arrivée à l’aéroport international de Pékin cette semaine. ©AFP - Noel CELIS / AFP
Passager revêtu d’une combinaison de protection à l’arrivée à l’aéroport international de Pékin cette semaine. ©AFP - Noel CELIS / AFP
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Le gouvernement chinois a cessé de communique sur la pandémie de Covid malgré l’ampleur de la déferlante dans le pays depuis la levée des restrictions le mois dernier. Il s’en prend au contraire aux étrangers qui imposent des contrôles aux vols en provenance de Chine.

Rarement, le décalage entre l’information officielle et la réalité n’aura été aussi grand. Le 20h télévisé chinois commence chaque soir par une longue séquence consacrée aux activités des dirigeants, par ordre hiérarchique : le numéro un Xi Jinping à une réunion économique, Xi Jinping publie un nouveau livre, etc. Puis, au bout de 20 minutes, quelques images du Covid, en passant, pour expliquer que la ligne du Parti est la bonne.

Dans la population, c’est l’inverse. On ne parle que du Covid, de la course aux médicaments, des hôpitaux débordés avec des lits installés en extérieur, des attentes interminables aux crématorium qui fonctionnent non-stop. Et des morts, dont le nombre est inconnu puisque le gouvernement a changé la définition d’une victime du Covid.

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Sur les réseaux sociaux, on apprend le décès d’un vieux chanteur d’opéra, d’un professeur d’université à la retraite, ou d’un artiste viellissant. Sans jamais dire que c’est le Covid : le post serait censuré, mais personne n’est dupe.

La déferlante de la pandémie a traversé les grandes métropoles chinoises depuis le changement brutal de politique le mois dernier, après trois ans de quête du « zero Covid ». La priorité est désormais la relance économique en panne, et plus le Covid.

L’ampleur des contaminations est impossible à savoir. D’abord parce que la Chine ne teste presque plus, les structures de test ont été démantelées, ça ne sert plus à rien dans la nouvelle donne de laisser-faire. Les autorités ont simplement annoncé que le pic avait été dépassé à Pékin.

D’autre part parce que la Chine ne fournit pas d’informations complètes à l’OMS, qui s’en est ouvertement plainte, une rare critique vis-à-vis de Pékin.

Enfin, la Chine se prépare à une nouvelle épreuve, le nouvel an chinois, la semaine prochaine, avec des centaines de millions de personnes qui rejoignent leur famille – et feront circuler le virus dans les zones rurales ou plus reculées. Des régions dans lesquelles le système de santé est encore plus fragile que dans les villes.

Pour sauver la face, Pékin s’en prend à ses détracteurs à l’étranger, à commencer par les pays qui imposent des contrôles à l’arrivée des vols en provenance de Chine. Inadmissible dit Pékin.

La Chine a supprimé cette semaine la délivrance des visas aux Sud-Coréens et aux Japonais, deux pays qui testent les passagers en provenance de Chine. C’est d’autant plus surprenant que la Chine exige toujours un test PCR pour pouvoir entrer sur son territoire.

Mais cette sur-réaction est d’abord destinée à faire du monde extérieur un bouc émissaire vis-à-vis de l’opinion chinoise. Pékin multiplie d’ailleurs les mises en garde contre le variant américain XBB 1.5, en se demandant pourquoi l’Europe ne contrôle pas les passagers en provenance d’Amérique. La réponse tient évidemment au vaccin.

A ce propos, l’initiative de la filiale à Hong Kong d’une banque d’état chinoise, la Citic, fait rêver : elle promet une dose de Pfizer à tout client qui ouvrirait un compte avec un dépôt de 500 000 euros. Or le vaccin Pfizer est inaccessible en Chine continentale, d’abord parce qu’il est … américain ! Mais la Chine ne craint pas les contradictions, puisque le Parti a toujours raison !