Le Président iranien Ebrahim Raïssi accueilli à son arrivée à Samarcande hier, pour le Sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai. ©AFP - Handout / Foreign Ministry of Uzbekistan / AFP
Le Président iranien Ebrahim Raïssi accueilli à son arrivée à Samarcande hier, pour le Sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai. ©AFP - Handout / Foreign Ministry of Uzbekistan / AFP
Le Président iranien Ebrahim Raïssi accueilli à son arrivée à Samarcande hier, pour le Sommet de l’Organisation de Coopération de Shanghai. ©AFP - Handout / Foreign Ministry of Uzbekistan / AFP
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Résumé

Les Présidents chinois, russe, iranien, turc et les autres dirigeants de l’Organisation de Coopération de Shanghai sont réunis aujourd’hui et demain en Ouzbekistan pour un Sommet à forte connotation anti-occidentale.

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Samarcande, l’une des étapes de l’ancienne Route de la Soie, la vraie, accueille aujourd’hui un Sommet dont l’importance est signifiée par la présence du Président chinois Xi Jinping : c’est son premier voyage à l’étranger depuis le début de la pandémie, il y a deux ans et demi.

Ce Sommet en Ouzbekistan a des allures de « Front du refus » anti-occidental, avec la présence de Vladimir Poutine, en pleine guerre d’Ukraine, du Président iranien Ebrahim Raïssi, en plein bras de fer sur son programme nucléaire ; ou encore, plus ambigü, du chef de l’État turc, Recep Tayyip Erdogan, membre de l’Otan mais cavalier seul dans ses aventures diplomatico-militaires ; ou du premier ministre indien Narendra Modi, qui a marqué sa différence avec les Occidentaux sur l’Ukraine.

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L’occasion est le Sommet annuel de l’Organisation de Coopération de Shanghai, une structure née modestement il y a une vingtaine d’année pour sécuriser l’Asie centrale, avec pour parrains Pékin et Moscou. Mais l’OCS a grandi, poussé ses limites pour devenir progressivement un outil d’influence chinois. Ce n’est pas une alliance au sens formel du terme, mais plutôt un cadre souple, sans obligations.

Le premier objectif de ce Sommet est l’affichage : montrer qu’il ne suffit pas que l’Occident prononce des anathèmes et décide de sanctions pour qu’on soit isolé dans le monde actuel. La presse chinoise met en avant le fait que le Sommet de Samarcande réunit les représentants de 41% de la population mondiale, 24% de la richesse planétaire, c’est évidemment significatif.

Le second objectif est plus complexe : la coordination, la définition de positions communes à un moment de crise aigüe, tant avec la guerre russe en Ukraine qu’avec les tensions sino-américaines, notamment autour de Taiwan.

C’est plus compliqué car au-delà de l’affichage anti-occidental, les intérêts sont loin d’être identiques. C’est toute l’ambiguïté de la relation Chine-Russie : Xi Jinping et Vladimir Poutine vont se rencontrer à Samarcande, pour la deuxième fois de l’année ; mais la Chine fait attention à ne pas se laisser entraîner dans la guerre d’Ukraine tout en soutenant Poutine, c’est subtil.

Une alliance plus formelle n’est en tous cas pas à l’ordre du jour, si on prend comme modèle d’alliance l’Otan, avec son degré d’intégration militaire. Même entre la Chine et la Russie, ça n’est pas vraiment d’actualité, l’amitié n’empêche pas la méfiance ou même la rivalité, notamment en Asie centrale.

En revanche, la presse chinoise décrit l’Organisation de coopération de Shanghai comme un lieu de définition des « nouvelles normes internationales », de formes alternatives d’organisation du monde, et même, c’est ambitieux, de « nouvelles formes de civilisation humaine ».

Ce qu’il faut entendre par là, c’est que le ciment des participants est de remettre en cause la domination occidentale supposée du monde. Aux Occidentaux d’être vigilants face à ce sentiment critique que l’on a vu monter depuis le début de la guerre en Ukraine, et qui est instrumentalisé par des puissances révisionnistes comme la Russie et la Chine.