Emmanuel Macron et la Présidente moldave Maia Sandu hier dans les rues de Chisinau, la capitale de la Moldavie.
Emmanuel Macron et la Présidente moldave Maia Sandu hier dans les rues de Chisinau, la capitale de la Moldavie.
Emmanuel Macron et la Présidente moldave Maia Sandu hier dans les rues de Chisinau, la capitale de la Moldavie. ©AFP - Sputnik via AFP
Emmanuel Macron et la Présidente moldave Maia Sandu hier dans les rues de Chisinau, la capitale de la Moldavie. ©AFP - Sputnik via AFP
Emmanuel Macron et la Présidente moldave Maia Sandu hier dans les rues de Chisinau, la capitale de la Moldavie. ©AFP - Sputnik via AFP
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Résumé

Attendue depuis longtemps, la visite du chef de l'État à Kiev survient à un moment-clé à la fois pour pour l’Ukraine et pour l’Europe.

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Attendu depuis longtemps, le voyage d'Emmanuel Macron arrive à un moment décisif. Décisif pour l’Ukraine, qui subit dans le Donbass un pilonnage d’artillerie sévère de la part de la Russie et qui le paye en vie humaines et en moral ; Décisif pour l’Europe, qui doit donner prochainement sa réponse à la candidature de l’Ukraine, et a du mal à trouver un consensus.

Mais c’est d’abord un puissant symbole : les dirigeants des trois principales puissances de l’Union européenne, l’Allemagne, la France et l’Italie, le chancelier allemand Olaf Scholz, Emmanuel Macron et le Président du Conseil italien Mario Draghi, en bras de chemise dans un wagon en route vers Kiev, capitale d’un pays européen agressé.

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Ce symbole c’est celui d’une Europe qui, pour la première fois de son histoire, s’engage politiquement, militairement, humainement, au côté d’un pays non-membre, victime d’une attaque sans précédent de la part d’un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, puissance nucléaire, la Russie. L’Union européenne avait peur de se vivre en puissance politique : elle y est aujourd’hui contrainte, et ce voyage à Kiev en est finalement le symbole, après bien des hésitations.

Les pays européens ne partent pas de la même histoire et des mêmes réalités face à la Russie. Les pays qui, comme les Baltes ou la Pologne, ressentent encore dans leur chair les années d’oppression au temps de l’Union soviétique, sont les plus réactifs, les plus volontaristes pour soutenir l’Ukraine.

D’autres, comme l’Allemagne, ont au contraire une histoire de dialogue avec Moscou, l’URSS hier, la Russie de Poutine jusqu’à récemment, en espérant garantir la paix et la stabilité. Ca a permis la réunification de l’Allemagne, et Berlin espérait que les liens économiques, y compris énergétiques, avec la Russie, seraient des facteurs de paix ; ils se sont trompés.

Emmanuel Macron, enfin, a cru lui aussi qu’un dialogue poussé avec Poutine empêcherait la guerre, ou permettrait de l’arrêter ; là encore, constat d’échec à ce stade.

Quel est le but de ce voyage ? Il s’agit d’abord d'afficher le soutien à l’Ukraine de la part des principales puissances européennes, qui semblaient jusqu’ici les plus réticentes, surtout l’Allemagne ; mais aussi la France après les déclarations controversées d’Emmanuel Macron sur la nécessité d’éviter d’"humilier" la Russie.

L'UE divisée sur la candidature de l'Ukraine

Mais il y a aussi un enjeu immédiat : l’Union européenne doit répondre à la fin du mois à la demande de candidature de l’Ukraine. Elle est divisée entre ceux qui veulent accélérer les procédures pour des raisons géopolitiques, et ceux qui redoutent une précipitation excessive.

Hier en Moldavie, pays lui aussi candidat aux confins de l’UE, Emmanuel Macron a plaidé pour un "signal positif et clair" lors du prochain Conseil européen. Des mots qui pourraient signifier que, malgré des réticences initiales, la France apportera son soutien au statut de candidat - une première dans un délai aussi court, sans doute inévitable, et mérité. Après le voyage des trois dirigeants européens à Kiev, il sera impossible de dire non à l’Ukraine.