La Tour Eiffel en bleu et ornée des étoiles du drapeau européen marquent le début de la Présidence tournante du Conseil de l’UE. ©AFP - J-F ROLLINGER / via AFP
La Tour Eiffel en bleu et ornée des étoiles du drapeau européen marquent le début de la Présidence tournante du Conseil de l’UE. ©AFP - J-F ROLLINGER / via AFP
La Tour Eiffel en bleu et ornée des étoiles du drapeau européen marquent le début de la Présidence tournante du Conseil de l’UE. ©AFP - J-F ROLLINGER / via AFP
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Résumé

A écouter les candidats, on pourrait croire l’opinion française polarisée sur les questions européennes, mais une étude fait apparaître un consensus assez large sur de nombreux sujets. Seul l’électorat d’Eric Zemmour se distingue.

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A écouter hier les visions européennes d’Emmanuel Macron et de Marine Le Pen, on pourrait croire les Français écartelés entre deux programmes contradictoires. Mais est-ce bien sûr ?

Le chef de l’État introduisait la Présidence française du Conseil de l’Union européenne dans l’hémicycle du Parlement européen à Strasbourg. Il a prôné la réinvention des « trois promesses » de la construction européenne, celle de la démocratie libérale, celle du progrès partagé, et celle de la paix, « bousculées » ces dernières années, a-t-il dit.

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La candidate du Rassemblement national, pour sa part, était l’invitée du 7/9 de France Inter hier matin, après avoir présenté son programme européen fondé sur une « Europe des nations » opposée à plus d’intégration, sur la primauté du droit français sur le droit européen, et sur un strict contrôle des frontières et des flux migratoires.

Deux visions opposées donc. Mais une étude de l’opinion française rendue publique cette semaine révèle au contraire un consensus bien plus large qu’on pourrait le croire sur les grands enjeux européens.

La vraie surprise est que les sujets de consensus réunissent en moyenne les trois quarts des Français, transcendant donc les clivages politiques. Comme le souligne le site « Le Grand Continent » qui analyse cette étude de l’Institut Harris Interactive (pour le cabinet MGH Partners), les partisans d’Eric Zemmour « sont la seule véritable force europhobe » en France.

Un exemple, la défense européenne, définie comme « une stratégie collective et une armée commune », est un objectif soutenu par 74% des Français, majoritaire y compris chez les électeurs de Marine Le Pen (qui s’y oppose pourtant), ainsi que chez ceux de Jean-Luc Mélenchon. Seul segment de l’électorat où cette idée est minoritaire, l’électorat de Zemmour, à 40%. Sur l’ensemble de la population, seuls 9% des Français sont totalement opposés à la défense européenne. 

Autre exemple, les rapports avec les grandes puissances, il n’y a qu’une toute petite minorité, 17% des Français, à considérer la Russie comme un pays allié de la France, les électeurs du Rassemblement national sont à 20%. En revanche ils sont le double chez ceux d’Eric Zemmour, qui se distingue là encore.

Ces chiffres montrent au minimum un décalage entre une polarisation apparente, celle qu’avait révélée la victoire du « non » au référendum constitutionnel de 2005 ou les programmes des partis politiques, et ce que pensent les Français dès qu’on les interroge en profondeur sur les sujets européens.

C’est assez inattendu, en réalité, car ça pourrait signifier que certains partis ne seraient pas en phase avec leur électorat sur un sujet qui n’est certes pas central dans la motivation du vote, mais n’en est pas moins important.

En revanche, en particulier pour ceux qui se situent à la droite extrême de l’échiquier, ils sont en terrain plus solide sur des questions clivantes comme l’immigration et l’islam, qui font ressurgir une division droite-gauche plus classique.

Mais cette étude explique bien pourquoi Emmanuel Macron, élu en 2017 en mettant en avant son engagement pro-européen, récidive en 2022 en surfant sur la Présidence française. On n’a pas fini de voir flotter le drapeau bleu étoilé de l’Union européenne.