La Présidente de la Commission Ursula Von der Leyen et le Président ukrainien Zelensky à Kiev le 8 avril. Le drapeau européen est déjà bien présent à Kiev.
La Présidente de la Commission Ursula Von der Leyen et le Président ukrainien Zelensky à Kiev le 8 avril. Le drapeau européen est déjà bien présent à Kiev.
La Présidente de la Commission Ursula Von der Leyen et le Président ukrainien Zelensky à Kiev le 8 avril. Le drapeau européen est déjà bien présent à Kiev. ©AFP - Stringer / UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP
La Présidente de la Commission Ursula Von der Leyen et le Président ukrainien Zelensky à Kiev le 8 avril. Le drapeau européen est déjà bien présent à Kiev. ©AFP - Stringer / UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP
La Présidente de la Commission Ursula Von der Leyen et le Président ukrainien Zelensky à Kiev le 8 avril. Le drapeau européen est déjà bien présent à Kiev. ©AFP - Stringer / UKRAINIAN PRESIDENTIAL PRESS SERVICE / AFP
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Résumé

Un Conseil européen réuni à Bruxelles devrait accorder à l’Ukraine, et à la Moldavie, le statut de candidat à l’UE. Un geste politique fort, mais qui ne résout pas la problématique de l’élargissement, en particulier en direction des pays des Balkans occidentaux.

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C’est un des effets collatéraux de la guerre d’Ukraine : elle redonne de l’urgence à la question de l’élargissement de l’Union européenne, et contraint les « 27 » à repenser l’organisation du continent.

Depuis le Traité de Rome en 1957, avec six signataires, la Communauté puis l’Union européenne n’a cessé de s’élargir, à l’exception notable du départ du Royaume Uni. Le processus d’adhésion est laborieux, très long… Et peut ne pas aboutir comme dans le cas de la Turquie. C’est complexe en temps normal ; impossible en temps de guerre et de bouleversements stratégiques.

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Le Conseil européen réuni aujourd’hui et demain à Bruxelles est confronté à ce sujet majeur. En commençant par le point qui semblait le plus difficile, mais se révèle plus consensuel : faut-il donner à l’Ukraine, et à la Moldavie, le statut de candidat à l’UE ? Il y a dix jours, les « 27 » semblaient divisés ; sauf surprise, ils devraient tous répondre « oui » au cours de ce sommet.

C’est surtout un affichage politique, car la vie de l’Ukraine ne s’en trouvera pas changée après ce feu vert. Mais le geste politique est considérable : il signifie à la Russie que l’Ukraine a choisi son destin, et qu’il est tourné vers l’Ouest, pas vers la « sphère d’influence » dans laquelle veut la maintenir Vladimir Poutine.

Mais ce choix de l’Ukraine, voulu d’entrée de jeu par plusieurs pays de l’est de l’Union, et auquel viennent de se rallier ceux de l’Ouest, pose d’autres questions.

Il y a d’abord celle des pays candidats ou candidats à la candidature dans les Balkans occidentaux. Cette région est cruciale pour l’Europe, véritable « ventre mou » stratégique travaillé par la Russie, la Chine, ou la Turquie… ; sa fragilité menace la stabilité du continent.

Quand on accélère la procédure pour l’Ukraine, il ne faut donc pas oublier les Balkans, dont plusieurs pays sont dans des situations compliquées : la Bosnie-Herzégovine menacée d’implosion, la Macédoine du nord tenue en otage par les péripéties politiques bulgares, ou encore la Serbie candidate mais dont l’opinion publique penche pour la Russie. Pas simple.

Face à cette complexité, une idée fait son chemin, sous des formes multiples : c’est celle qu’Emmanuel Macron a appelé « Communauté politique européenne » ; évoquée avec des variantes par Charles Michel, le Président du Conseil européen, ou par le leader du parti démocrate italien, Enrico Letta. Il s’agit d’une « plateforme de collaboration », selon la formule employée à Bruxelles, permettant d’associer à l’UE les pays qui ne peuvent pas encore, ou ne veulent pas, y adhérer.

L’idée suscite à la fois réticence et intérêt. Réticence de ceux qui y voient un wagon de seconde classe au train européen ; intérêt car elle offre des solutions immédiates, même limités, à des problèmes que l’élargissement ne résoudra qu’à long terme. Il n’y aura pas de décision à ce sommet, au mieux un signal politique favorable.

Le statut de candidat à l’Ukraine enverra le message que l’Union européenne est d’abord une communauté de destin, et donc que ceux qui s’y reconnaissent y ont leur place. Mais derrière le message politique, il faut trouver des solutions institutionnelles nouvelles, dans un contexte inédit.

Références

L'équipe

Pierre Haski
Production