Ruine d’un immeuble bombardé de Kramatorks, dans le Donbass, où l’armée russe marque des points.
Ruine d’un immeuble bombardé de Kramatorks, dans le Donbass, où l’armée russe marque des points.
Ruine d’un immeuble bombardé de Kramatorks, dans le Donbass, où l’armée russe marque des points. ©AFP - ARIS MESSINIS / AFP
Ruine d’un immeuble bombardé de Kramatorks, dans le Donbass, où l’armée russe marque des points. ©AFP - ARIS MESSINIS / AFP
Ruine d’un immeuble bombardé de Kramatorks, dans le Donbass, où l’armée russe marque des points. ©AFP - ARIS MESSINIS / AFP
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Résumé

Moscou a rejeté un projet de médiation italien, et les deux parties sont, de fait, réticentes à une démarche diplomatique qui signifierait accepter un compromis. L’heure de la médiation n’a pas encore sonné.

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« Ne vous fatiguez pas », c’est de fait le message de Moscou aux candidats médiateurs dans la guerre d’Ukraine. La porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Moscou a ainsi rejeté un plan italien, avant même qu’il soit présenté... Le ministre italien des Affaires étrangères, Luigi di Maio, en avait donné les grandes lignes il y a quelques jours, et en avait discuté avec le Secrétaire Général des Nations Unies, Antonio Gutteres. Une « plaisanterie », selon Maria Zakharova, la porte-parole russe.

La diplomate russe a certes un argument de poids : « vous ne pouvez pas, a-t-elle déclaré, fournir d’une main des armes à l’Ukraine, et de l’autre un plan pour une solution pacifique ». Mais surtout, dit-elle, « s’ils espèrent que la Fédération de Russie va sauter sur n’importe quel plan occidental, c’est qu’ils n’ont rien compris ».

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Ce rejet brutal et catégorique en dit long sur l’état d’esprit à Moscou, qui ne cherche en effet pas de porte de sortie honorable à cette crise, y compris proposée par un pays traditionnellement bienveillant vis-à-vis de la Russie comme l’Italie.

Un expert russe parlant sous couvert d’anonymat faisait il y a quelques jours le tour des médiateurs potentiels - pour les rejeter.

La Turquie, qui a abrité les premiers pourparlers ministériels russo-ukrainiens ? C’est fini, elle a livré des drones à l’Ukraine.

Israël, qui était restée neutre au début du conflit en espérant jouer un rôle ? Le premier ministre Bennett n’a pas le même rapport que Netanyahou avec Poutine ; et le chef de la diplomatie russe Sergei Lavrov a tout gâché en inventant des ancêtres juifs à Hitler.

Selon cet expert, la Chine pourrait jouer ce rôle, en raison de ses relations très étroites avec Poutine, et ses rapports économiques forts avec l’Ukraine avant le conflit. Mais selon lui, Pékin n’y est pas prêt.

Ce jeu de massacre s’achève avec le cas de la France et d’Emmanuel Macron, qui a gardé le canal ouvert avec le Kremlin. Et là notre expert hésite, et dit : « pourquoi pas ? », mais dans un cadre multilatéral, c’est-à-dire avec d’autres partenaires.

Mais y a -t-il la place pour une médiation à ce stade ? C’est en effet la vraie question... Les deux parties n’y sont pas prêtes : ni la Russie, qui enregistre pour la première fois des succès militaires dans le Donbass, et n’a pas intérêt à un cessez-le-feu ; ni l’Ukraine, qui se dit ouverte à la diplomatie, mais pas au prix de céder des territoires.

Le contexte n’est assurément pas favorable au moindre compromis. Côté ukrainien, parler de médiation est considéré comme une attitude « munichoise », après les massacres et les bombardements de civils ; et la Russie s’enferme dans son propre récit de guerre totale contre l’Occident.

Mais le propre d’une médiation n’est pas forcément d’attendre que tout le monde y soit prêt, mais d’explorer les pistes d’accord pour le moment où… L’histoire des médiations diplomatiques compte plus d’échecs que de réussites. Maria Zakharova, la porte-parole russe, peut parler de « plaisanterie » aujourd’hui, mais viendra peut-être un jour où même Vladimir Poutine pourra avoir besoin d’un médiateur.