Le minister de la Défense chinois, le général Wei Fenghe, a pris la parole hier à Singapour, mettant en garde les Américains sur Taiwan.
Le minister de la Défense chinois, le général Wei Fenghe, a pris la parole hier à Singapour, mettant en garde les Américains sur Taiwan.
Le minister de la Défense chinois, le général Wei Fenghe, a pris la parole hier à Singapour, mettant en garde les Américains sur Taiwan. ©AFP - Then Chih Wey / XINHUA / Xinhua via AFP
Le minister de la Défense chinois, le général Wei Fenghe, a pris la parole hier à Singapour, mettant en garde les Américains sur Taiwan. ©AFP - Then Chih Wey / XINHUA / Xinhua via AFP
Le minister de la Défense chinois, le général Wei Fenghe, a pris la parole hier à Singapour, mettant en garde les Américains sur Taiwan. ©AFP - Then Chih Wey / XINHUA / Xinhua via AFP
Publicité
Résumé

Américains et Chinois se sont reparlé ce weekend, mais pour se lancer des mises en garde sur le sort de Taïwan, l’île « rebelle » revendiquée par Pékin. La sécurité en Asie ne sort pas renforcée de ce « dialogue » organisé à Singapour, en pleine guerre d’Ukraine.

En savoir plus

Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle dans les relations sino -américaines. La bonne, c’est un contact direct ce weekend entre les ministres de la défense des deux pays, pour la première fois depuis un an. Entre grandes puissances rivales, il n’y a rien de pire que de ne pas se parler.

Mais la mauvaise nouvelle, c’est que le ton ne cesse de monter entre Washington et Pékin autour du sort de Taïwan. En pleine guerre d’Ukraine, dans laquelle la Chine soutient politiquement la Russie, c’est inquiétant ; le monde n’a pas besoin de deux crises à la fois.

Publicité

Ces développements se sont produits au forum de Shangrila, à Singapour, qui réunit tous ceux qui comptent dans le domaine de la sécurité et de la défense dans la région Asie-Pacifique. Le ministre chinois de la défense, le général Wei Fenghe, et son homologue américain, Lloyd Austin, lui aussi général, étaient présents.

La théâtralisation des antagonismes au Shangrila a pour principale fonction de faire passer des messages à une région qui assiste à la montée d’une guerre froide dans laquelle elle est appelée à choisir son camp.

Le message chinois, c’est d’abord un appel à l’Asie à ne pas se laisser embrigader par les États-Unis. Pékin joue sur la méfiance des pays du Sud, illustrée par leur réticence à condamner la Russie en Ukraine.

Mais l’essentiel est un ton martial vis-à-vis de Taïwan, ce qui en soit n’est pas surprenant. Le général Wei exprime l’agacement croissant de Pékin face aux livraisons d’armes américaines à Taïwan ; et ses accents guerriers sont clairement une réponse à la sortie de Joe Biden à Tokyo le mois dernier : souvenez-vous, le président américain avait clairement dit que les États-Unis interviendraient militairement aux côtés de Taïwan en cas d’agression chinoise.

La Maison Blanche avait nuancé ce propos, au nom de la traditionnelle « ambiguïté stratégique » américaine ; mais nul ne peut douter que c’est ce que pense vraiment le président.

Le général Wei a dit aux Américains que « si quiconque s’avise de séparer Taïwan de la Chine, l’armée chinoise n’hésitera pas à entamer une guerre, quoi qu’il en coûte ». Toute la question est de savoir ce que Pékin entend par « séparation ».

La grande différence entre l’Ukraine et Taïwan, c’est que la première est un État souverain, membre des Nations Unies ; alors que Taïwan est aux yeux de la Chine une province rebelle, non reconnue par la communauté internationale.

Jusqu’ici, la ligne rouge à ne pas franchir pour Pékin était une déclaration d’indépendance de Taïwan, une formalisation d’un état de fait. Les États-Unis et les dirigeants taiwanais, même ceux qu’on qualifie d’indépendantistes, s’en tiennent au statu quo qui permet à Taïwan de rester libre et prospère.

Mais le général Wei a laissé planer le doute sur ce terme de « séparation », car Pékin redoute qu’à petites touches, les Occidentaux ne renforcent Taïwan sans pour autant franchir cette fameuse « ligne rouge ».

À Singapour, la sécurité en Asie ressort donc un peu plus fragile, même si on est encore loin de la situation de guerre que connaît l’Europe.