Le Président iranien Ebrahim Raisi espère la levée des sanctions aaméricaines, mais la Russie bloque la conclusion de la négociation à Vienne.
Le Président iranien Ebrahim Raisi espère la levée des sanctions aaméricaines, mais la Russie bloque la conclusion de la négociation à Vienne. ©AFP - Iranian Presidency / Handout / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Le Président iranien Ebrahim Raisi espère la levée des sanctions aaméricaines, mais la Russie bloque la conclusion de la négociation à Vienne. ©AFP - Iranian Presidency / Handout / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Le Président iranien Ebrahim Raisi espère la levée des sanctions aaméricaines, mais la Russie bloque la conclusion de la négociation à Vienne. ©AFP - Iranian Presidency / Handout / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
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Une attaque iranienne de missiles sans gravité sur le Kurdistan irakien montre les liens complexes entre l’invasion russe de l’Ukraine, les négociations sur le nucléaire iranien, et les tensions jamais éteintes au Moyen Orient.

Une douzaine de missiles se sont abattus dans la nuit de samedi à dimanche dans un quartier à la périphérie d’Erbil, la capitale du Kurdistan irakien, près du tout nouveau Consulat des États-Unis. Il n’y a eu que quelques blessés, rien de dramatique, le consulat n’a pas été touché ; alors pourquoi en parler ? Tout est affaire de contexte, et celui-ci, avec l’Ukraine en toile de fond, est inquiétant.

D’abord le fait que les missiles venaient d’Iran, le voisin au nord : les tirs ont été revendiqués par les Gardiens de la Révolution, le bras armé de la République islamique. Le communiqué des Gardiens présente cette action comme une vengeance pour un raid israélien récent en Syrie, dans lequel deux de leurs hommes ont trouvé la mort. 

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Le groupe radical iranien s’en prend à Israël et aux États-Unis. Et il précise -les symboles ont leur importance-, que les tirs ont eu lieu à 1h30 du matin, l’heure à laquelle les Américains avaient éliminé d’un tir de missile à Bagdad, en 2020, le chef des Gardiens de la Révolution, le général Ghassan Soleimani.

Tout est affaire de contexte, disais-je… Il se trouve que parallèlement, se tiennent à Vienne les négociations pour remettre sur les rails l’accord sur le nucléaire iranien dont s’était retiré Donald Trump. Le texte était quasiment prêt à être signé la semaine dernière lorsque la Russie a présenté une condition de dernière minute, sans rapport avec le nucléaire, mais tout avec l’Ukraine. 

Moscou exige que ses échanges avec l’Iran soient exclus des sanctions qui visent la Russie. Les diplomates engagés depuis des mois dans ces négociations très difficiles ont manqué de s’étrangler. L’accord est pris en otage par la Russie, s’exclame un Européen. Et l’ordre est venu d’en haut, prenant par surprise jusqu’au représentant russe à la négociation.

Les Européens tentent de sauver l’accord, Emmanuel Macron en a parlé samedi à Vladimir Poutine car la fenêtre risque de se refermer très vite et le nucléaire iranien redeviendra un objet de crise.

Les tirs de missiles ne compliquent pas nécessairement l’affaire si la Russie finit par lever son chantage. Tous les autres partenaires, Américains, Chinois, Européens et Iraniens sont d’accord pour signer ce texte qui prévoit que l’Iran revienne en arrière sur les infractions nucléaires qui le rapprochent de la possession de la bombe ; et les États-Unis lèvent progressivement les sanctions unilatérales qui pénalisent gravement l’Iran.

Mais ce que montrent ces tirs de missiles, c’est qu’une partie du régime iranien n’est pas favorable à la détente avec Washington. Les Gardiens de la Révolution, ne l’oublions pas, sont très engagés depuis 2014, aux côtés de la Russie, dans la guerre de Syrie.

Sans entrer dans une vaste théorie du complot qui voudrait que tous les conflits du monde se réveillent en même temps pour affaiblir les Occidentaux, il y a un climat international particulièrement inflammable. Les Américains le savent, qui n’ont pas réagi aux tirs de missiles, là où ils auraient riposté en d’autres temps. Cela ne sera sans doute pas la dernière provocation.

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