Joe Biden s’est fortement investi dans la campagne des élections de mi-mandat.
Joe Biden s’est fortement investi dans la campagne des élections de mi-mandat. ©AFP - Mandel NGAN / AFP
Joe Biden s’est fortement investi dans la campagne des élections de mi-mandat. ©AFP - Mandel NGAN / AFP
Joe Biden s’est fortement investi dans la campagne des élections de mi-mandat. ©AFP - Mandel NGAN / AFP
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Joe Biden s’est envolé vers l’Asie, et une série de rencontre diplomatiques, requinqué par le résultat, meilleur que prévu, des démocrates aux élections de mi-mandat. En conservant la majorité au Sénat, les démocrates s’évitent deux années de cauchemar parlementaire.

On s’attendait à voir Joe Biden transformé en « lame duck », en « canard boiteux », selon l’expression politique américaine qui vise les présidents affaiblis. C’est au contraire « Super Joe » qui s’est envolé vers l’Asie avec une nouvelle inespérée : les démocrates conservent la majorité au Sénat américain, après la victoire de leur candidate dans le Nevada, face à un « trumpien » de choc.

Ces élections de mi-mandat ont redonné le moral aux démocrates qui s’attendaient à une Berezina en ces temps d’inflation, de polarisation extrême, de doutes parfois sur un Président vieillissant. Mais il n’y a pas eu la « vague rouge » républicaine attendue, même s’ils risquent d’obtenir une courte majorité à la Chambre des représentants ; ça mérite qu’on s’y arrête.

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Donald Trump a beau crier victoire, il sort affaibli de ce scrutin, potentiellement fragilisé dans son contrôle du parti Républicain, et défié par un challenger possible pour 2024, le gouverneur de la Floride, Ron DeSantis. Il est toujours risqué de prédire la chute de Trump, mais son emprise sur les Républicains pose questions après ces résultats plus que mitigés.

La première conséquence est de redonner confiance aux démocrates qui ne vont pas vivre le cauchemar des deux prochaines années à la merci d’un Congrès hostile. Pour l’aide à l’Ukraine comme pour les réformes sociales de l’administration, c’est un soulagement.

Cela se sentira sur le plan international. Joe Biden rencontrait ce matin Xi Jinping, le numéro un chinois, tout juste couronné pour un troisième mandat lors du 20ème congrès du Parti communiste. Il était important pour le président américain de ne pas arriver plombé par une défaite cuisante à ce sommet où seront mis à plat tous les sujets qui fâchent, Taiwan, la guerre technologique, l’Ukraine.

Une partie du comportement de la Russie, de la Chine ou de l’Iran en ce moment est fondée sur l’analyse que l’Occident, et à sa tête les États-Unis, est sur le déclin. L’invasion du Capitole ou la débâcle de Kaboul l’an dernier ont renforcé cette vision qui a permis à Xi Jinping de décréter que « l’Ouest descend, et l’Orient monte ». Les divisions américaines alimentent ce discours.

Le résultat des mid-terms ne change pas fondamentalement la donne, mais il y participe ; car lorsqu’on analyse le discours russe ou chinois, on voit bien qu’il se nourrit de l’affaiblissement démocratique des pays occidentaux, qu’il alimente en retour. Au moment où l’armée russe vient de perdre la ville de Kherson, pourtant annexée deux mois plus tôt, Poutine reçoit une autre mauvaise nouvelle avec la bonne tenue des démocrates de Joe Biden.

Ce résultat montre aussi, comme au Brésil le mois dernier avec la défaite de Bolsonaro, qu’il n’y a rien d’inéluctable en politique.

Les Américains sont bien conscients que les divisions profondes de leur pays subsistent, et qu’elles n’auront pas disparu d’ici à la présidentielle de 2024.

Mais ils peuvent tirer quelque satisfaction de voir que certains des candidats les plus radicaux soutenus par Trump ont été battus par un vote accru de jeunes électrices motivées par les menaces au droit à l’avortement, ou des minorités noires ou latino, restées fidèles aux démocrates.

C’est l’« effet Papillon » du moment : un vote positif pour les démocrates dans le Nevada, et c’est un Joe Biden requinqué qui débarque à Bali pour le G20.