Vladimir Poutine s’entretient avec le numéro un chinois Xi Jinping en marge du Sommet de Samarcande, la semaine dernière. Il ne sera pas à Londres aux funéraill ©AFP - Sergei BOBYLYOV / SPUTNIK / AFP
Vladimir Poutine s’entretient avec le numéro un chinois Xi Jinping en marge du Sommet de Samarcande, la semaine dernière. Il ne sera pas à Londres aux funéraill ©AFP - Sergei BOBYLYOV / SPUTNIK / AFP
Vladimir Poutine s’entretient avec le numéro un chinois Xi Jinping en marge du Sommet de Samarcande, la semaine dernière. Il ne sera pas à Londres aux funéraill ©AFP - Sergei BOBYLYOV / SPUTNIK / AFP
Publicité
Résumé

Après un Sommet avec ses amis où il a été obligé de s’expliquer sur sa guerre en Ukraine, le président russe est absent des funérailles de Londres. Il apparait incontestablement affaibli sur la scène internationale.

En savoir plus

Vladimir Poutine est le grand absent de ces funérailles londoniennes qui réunissent aujourd’hui un nombre record de dirigeants du monde entier. Comme toujours, ce genre d’événement planétaire a sa dimension géopolitique, reflet des tensions et des conflits du moment.

Poutine et les autorités russes n’ont donc pas été invités à Londres, invasion de l’Ukraine oblige. Moscou a dénoncé une décision « profondément immorale » et même « blasphématoire ».

Publicité

Signe du statut de paria qui frappe ici le Président russe, il n’y a que sept pays qui n’ont pas été invités : la Russie est en compagnie de son allié biélorusse, de la Birmanie redevenue une dictature militaire, de la Syrie de Bachar el-Assad, de l’Afghanistan des talibans et du Vénézuela de Maduro. Une liste réduite, mais significative des régimes infréquentables vu de Londres.

La Chine, elle, est représentée par son vice-président, Wang Qishan. C’est donc particulièrement infâmant pour Poutine, d’autant que le prince Philip, le mari décédé de la Reine, était un descendant direct du Tsar Nicolas 1er, le sang des Romanov.

Cette décision suscite peu de débats, car même en imaginant la période de deuil comme une parenthèse, une trêve dans les tensions du monde, qui peut aujourd’hui envisager de voir Vladimir Poutine se recueillir devant la dépouille de la Reine, alors que de nouvelles preuves d’exactions de l’armée russe sont exhumées à Izioum, la ville reprise par les Ukrainiens ?

Poutine était venu à Paris en 2019, pour la cérémonie à la mémoire du Président Jacques Chirac, alors que son pays était sous sanction pour l’annexion de la Crimée ; mais ça n’a rien à voir avec le fossé qui s’est créé entre la Russie et les Occidentaux depuis l’invasion de l’Ukraine le 24 février.

Paria à l’Ouest, Vladimir Poutine voit son étoile pâlir chez ses propres amis. Le récent Sommet de Samarcande a été un moment difficile : il a dû concéder publiquement qu’il lui fallait répondre aux « préoccupations » de ses amis chinois - l’admission pour la première fois, donc, que la Chine n’était pas totalement à l’aise avec l’aventure ukrainienne ; et Poutine s’est vu reprocher cette guerre par le Premier ministre indien Modi, jusqu’ici bienveillant.

S’il avait réussi son coup de force en février, Vladimir Poutine serait aujourd’hui le héros de cette partie du monde qui veut contester l’ordre mondial façonné par les Occidentaux. Mais voilà, non seulement la guerre-éclair a échoué, mais l’armée russe vient de subir sa pire défaite face aux Ukrainiens.

Une indication de l’isolement relatif de la Russie : les pays membres de l’ONU ont voté pour permettre au Président ukrainien Zelensky de s’adresser à la prochaine Assemblée générale des Nations Unies par vidéo. Seuls 7 pays dont la Russie ont voté contre, 101 pour, et 19 abstentions. L’Inde a voté pour, la Chine s’est abstenue : aucun des deux poids lourds du Sommet de Samarcande n’a donc voté avec Moscou.

Pendant que le monde partage sans lui le deuil du Royaume Uni, le Président russe doit chercher à sortir de cette impasse : mais Poutine ne semble pas disposé à admettre son échec, faisant courir le risque d’une escalade sur tous les fronts.