Le Président ukrainien Volodymir Zelensky a rendu visite à ses troupes dans le sud de l’Ukraine. Le moral des troupes est un enjeu majeur.
Le Président ukrainien Volodymir Zelensky a rendu visite à ses troupes dans le sud de l’Ukraine. Le moral des troupes est un enjeu majeur.
Le Président ukrainien Volodymir Zelensky a rendu visite à ses troupes dans le sud de l’Ukraine. Le moral des troupes est un enjeu majeur. ©AFP - Aris Messinis / AFP
Le Président ukrainien Volodymir Zelensky a rendu visite à ses troupes dans le sud de l’Ukraine. Le moral des troupes est un enjeu majeur. ©AFP - Aris Messinis / AFP
Le Président ukrainien Volodymir Zelensky a rendu visite à ses troupes dans le sud de l’Ukraine. Le moral des troupes est un enjeu majeur. ©AFP - Aris Messinis / AFP
Publicité
Résumé

"Nous devons nous préparer au fait que ça pourrait durer des années", a déclaré Jens Stoltenberg, une déclaration qui, s’il a raison, oblige à penser l’économie, la politique, les relations internationales dans une optique différente.

En savoir plus

A quelques jours du Sommet de l’Alliance atlantique à Madrid, le Secrétaire Général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a fait un résumé brutal de la situation en Ukraine : « nous devons nous préparer au fait que ça pourrait durer des années. Nous ne devons pas baisser notre soutien à l’Ukraine. Même si le coût est élevé, celui du soutien militaire, mais aussi les conséquences sur les prix de l’énergie et des produits alimentaires ».

Voilà une perspective on ne peut plus sombre. D’abord pour les Ukrainiens, évidemment, qui subissent les assauts meurtriers de l’armée russe et dont le pays est en train d’être ravagé. Mais aussi, et c’est le sens de l’avertissement de Stoltenberg, pour le monde entier.

Publicité

Selon le vieil adage, il est plus facile de démarrer une guerre que de l’arrêter. Pour Vladimir Poutine, qui avait semble-t-il misé sur un effondrement rapide de l’armée et de l’État ukrainiens, les enchères n’ont fait que monter. Il a révisé sa stratégie militaire. Mais il n’est pas près de s’arrêter.

Jusqu’à quand ? La question se pose pour les deux camps. Poutine se dit en guerre, non pas contre la seule Ukraine, mais contre l’Occident tout entier : il serait paradoxal qu’il se contente, à ce stade, d’une conquête territoriale du Donbass, par exemple.

Mais le narratif russe sur cette guerre a changé tant de fois qu’il est difficile de savoir ce que Poutine considèrerait comme une « victoire » ; en tous cas ce qu’il pourrait « vendre » comme une victoire justifiant les sacrifices consentis. Samedi, Poutine vantait au forum de Saint Petersburg la « résilience » de l’économie russe face aux sanctions occidentales ; il doit néanmoins surveiller de près son opinion, certes privée d’informations réelles, mais qui peut à tout moment se retourner contre cette guerre si le coût humain et économique devient trop élevé.

Côté ukrainien, la volonté de résister est entière, mais elle dépend du flot d’armements et du soutien économique des occidentaux. Et donc, du maintien de l’engagement politique de ces pays au plus haut niveau, comme il l’a été depuis quatre mois.

En évoquant les prix de l’énergie et des produits alimentaires, le Secrétaire Général de l’Otan touche un sujet sensible : les opinions publiques des pays occidentaux sont aujourd’hui dans leur immense majorité, derrière l’Ukraine ; mais elles sont également inquiètes de l’inflation et des risques économiques. Si cette guerre dure des années, elles seront mises à rude épreuve.

L’onde de choc de cette guerre ne fait que commencer. Qu’il s’agisse des questions énergétiques, alimentaires, de l’impact sur l’économie globale, mais aussi des équilibres géopolitiques.

Vendredi dernier, Poutine a téléphoné à son ami Xi Jinping, dont c’était l’anniversaire. L’occasion pour le numéro un chinois de réaffirmer son soutien aux objectifs politiques de la Russie, remettre en cause le rapport de force international trop favorable aux Occidentaux. Ce front-là sera à surveiller sur la durée.

En quatre mois, on a pu avoir un avant-goût du potentiel de déstabilisation de ce conflit. Avec une guerre à nos portes sur la durée, et un impact mondial, il va falloir s’adapter : économie de guerre, risques politiques, et surtout, garder le sens de la solidarité qui peut devenir la victime collatérale d’un conflit long, garder le sens de cette guerre tout court.