Une femme au milieu des ruines de sa maison bombardée par l'artillerie russe, à Bakhmout, dans le Donbass, où la Russie a enregistré des avancées.
Une femme au milieu des ruines de sa maison bombardée par l'artillerie russe, à Bakhmout, dans le Donbass, où la Russie a enregistré des avancées.
Une femme au milieu des ruines de sa maison bombardée par l'artillerie russe, à Bakhmout, dans le Donbass, où la Russie a enregistré des avancées. ©AFP - ARIS MESSINIS / AFP
Une femme au milieu des ruines de sa maison bombardée par l'artillerie russe, à Bakhmout, dans le Donbass, où la Russie a enregistré des avancées. ©AFP - ARIS MESSINIS / AFP
Une femme au milieu des ruines de sa maison bombardée par l'artillerie russe, à Bakhmout, dans le Donbass, où la Russie a enregistré des avancées. ©AFP - ARIS MESSINIS / AFP
Publicité
Résumé

Sur le terrain militaire, les nouvelles ne sont pas aussi bonnes pour l’Ukraine, tandis que le Président Zelensky affirme clairement que « la fin du conflit sera diplomatique ». Le point sur un conflit en mouvement.

En savoir plus

Une guerre de haute intensité entre deux États, comme celle qui se déroule depuis trois mois entre la Russie et l’Ukraine, ne se joue pas sur un seul front, ni seulement sur le terrain militaire. C’est un ensemble de facteurs qui établissent un rapport de force, sans cesse mouvant.

Depuis le début, l’Ukraine a fait plus que résister ; elle a déjoué les plans russes dans la région de Kiev. Elle a aussi repoussé l’armée de Vladimir Poutine des environs de la grande ville de Kharkhiv, dans le nord.  

Publicité

Mais la petite musique d’une « victoire » ukrainienne s’est inversée. Les derniers défenseurs de Mariupol, sur la mer d’Azov, ont fini par se rendre, sur ordre de leur commandement. Plus de 2700 prisonniers, selon la Russie, qui ne manqueront pas de servir la propagande de Moscou, dont c’est la principale victoire depuis le début. 

Mais ce n’est pas la seule : dans le nord-est du Donbass, des positions défensives ukrainiennes sont en train d’être enfoncées, et l’armée russe, après un pilonnage intensif, marque des points significatifs. Il ne faut donc pas enterrer trop vite la force de frappe russe, malgré ses déboires initiaux.

Inscrite dans la durée, cette guerre peut connaître de nombreux tournants. Mais tout dépendra des calculs des deux parties, de leur évaluation du rapport de force ; et de son évolution possible, en fonction des livraisons d’armes attendues pour l’Ukraine, ou de la capacité d’envoyer des troupes fraiches pour la Russie.

Mais une petite phrase du Président ukrainien Volodymyr Zelensky est venue samedi nuancer la position très offensive de Kiev, sans doute sous l’effet des mauvaises nouvelles du front. « La fin du conflit sera diplomatique (…) Il y a des choses que nous ne pourrons atteindre qu'à la table des négociations », a déclaré le Président à la télévision ukrainienne. 

Ce réalisme dont fait preuve le président ukrainien tranche avec l’idée d’une victoire purement militaire que certains imaginaient à haute voix ces dernières semaines.

Pour autant, des négociations sérieuses ne semblent pas encore possibles, pas dans l’immédiat car la logique des armes ne semble pas être allée jusqu’au bout. Mais de fait, l’autre front de la guerre est celui de la diplomatie publique, des signaux que les uns et les autres envoient, parfois de façon contradictoire. La déclaration du Président Zelensky en fait partie.

Mais il y a assurément confusion quand le Secrétaire américain à la défense, Lloyd Austin, dit un jour qu’il veut affaiblir la Russie ; puis téléphone lendemain à son homologue russe pour réclamer un cessez-le-feu. 

Ou quand la France déclare que l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne prendra « quinze ou vingt ans », comme l’a indiqué hier le ministre français de l’Europe Clément Beaune, au risque de ne pas être compris dans l’Est de l’Europe. Au même moment, le Président polonais Andrzej Duda déclarait devant le Parlement de Kiev : « L’Ukraine doit être dans l’UE » !

Cette guerre d’Ukraine est désormais au centre de tout : de l’avenir de l’Europe, de sa stabilité et de son économie, comme des grands équilibres du monde. Personne n’a droit à l’erreur, les Ukrainiens en premier bien sûr, mais nous non plus.