Véhicule blindé russe détruit lors de combats avec l’armée ukrainienne dans la ville de Kharkiv, dimanche 27 février.
Véhicule blindé russe détruit lors de combats avec l’armée ukrainienne dans la ville de Kharkiv, dimanche 27 février. ©AFP - Sergey BOBOK / AFP
Véhicule blindé russe détruit lors de combats avec l’armée ukrainienne dans la ville de Kharkiv, dimanche 27 février. ©AFP - Sergey BOBOK / AFP
Véhicule blindé russe détruit lors de combats avec l’armée ukrainienne dans la ville de Kharkiv, dimanche 27 février. ©AFP - Sergey BOBOK / AFP
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Les premiers pourparlers russo-ukrainiens se sont produits hier mais sans le moindre espoir de paix à ce stade. Vladimir Poutine pose toujours des conditions qui font craindre une escalade durable.

Il faut savoir arrêter une guerre, mais il y a des conditions à remplir. Celles-ci ne sont hélas pas encore réunies en Ukraine.

Hier, s’est tenue en territoire biélorusse la première rencontre entre représentants russes et ukrainiens depuis le début de la guerre ; mais il n’y avait strictement aucun espoir de voir ce conflit prendre fin au bout de cinq jours, sans avantage décisif de l’une des parties.

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Seule note d’espoir, les deux délégations ont promis de se revoir, c’est déjà ça. L’échec était d’autant plus prévisible qu’au même moment, Emmanuel Macron avait Vladimir Poutine au téléphone pendant 90 minutes ; et que le président russe lui a réaffirmé ses exigences qui équivalent à une reddition des Ukrainiens. Inacceptable pour le président ukrainien Zelensky.

La réalité est que l’heure est toujours à la guerre. Emmanuel Macron a trouvé Vladimir Poutine « offensif », et même capable d’escalade militaire. C’est ce qu’on constate sur le terrain : un bombardement aveugle de logements à Kharkiv hier, faisant des victimes civiles, et des colonnes de renforts russes en direction de Kiev, la capitale ukrainienne, qui demeure l’objectif de cette invasion.

La réalité sur le terrain dicte en effet une autre logique. Poutine ne s’est pas engagé dans un conflit de cette ampleur pour renoncer sans avoir rien obtenu, sinon quelques gains territoriaux qui ne justifieraient pas le coût de l’opération. Ce n’est pas dans sa nature ni dans son état d’esprit du moment, semble-t-il.

Avec Vladimir Poutine, tout est rapport de force. La Russie a certainement sous-estimé la capacité de résistance de l’armée ukrainienne, qui ne s’est pas effondrée au premier coup de butoir, comme semblait l’espérer le Président russe lorsqu’il qualifiait le pouvoir de Kiev d’illégitime. 

Poutine semble décidé à mettre dans la bataille des forces plus importantes. Le risque étant, si l’on en juge par l’expérience passée de l’armée russe en Tchétchénie ou en Syrie, qu’elle s’en prenne aux centres urbains sans se soucier des populations civiles.

Il y a, de fait, une course de vitesse entre l’action de l’armée russe sur le terrain, et ce qui se passe sur le plan international, et que Poutine avait, là aussi, sous-estimé. En quelques jours, les Occidentaux ont frappé fort, avec des sanctions économiques et financières lourdes, et un large front uni de soutien à l’Ukraine que personne ne pouvait prévoir.

Le but, pour les Occidentaux, est de faire monter le coût de cette guerre pour Poutine, dans l’espoir de l’amener à la raison et donc à la table de négociation sans préconditions. Mais cette logique classique fonctionnera-t-elle avec un Poutine qui n’hésite pas à brandir l’arme nucléaire pour intimider ses adversaires ?

Ce conflit semble désormais inscrit dans la durée, il ne prendra pas fin tant que Vladimir Poutine n’aura pas conclu qu’il lui coûte trop cher. La ténacité des Ukrainiens et de leurs soutiens sera soumise à rude épreuve.