La Russie en pleine dépopulation - Olga Shumytskaya
La Russie en pleine dépopulation - Olga Shumytskaya
La Russie en pleine dépopulation - Olga Shumytskaya
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Résumé

Un portrait démographique de la Russie qui souligne sa dépopulation et son inadéquation à une économie moderne et développée.

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De la même façon qu’il faut ouvrir une carte pour parler d’un conflit avec l’idée que la géopolitique, c’est d’abord de la géographie ; il est indispensable de savoir quelle population on parle lorsqu’on évoque un pays aussi vaste que la Russie.

Commençons par les bonnes nouvelles : la population russe est indéniablement une des mieux éduquées au monde. Les Russes entre 15 et 65 ans ont passé autant d’années à l’école que les Danois, les Français ou les Suédois. Le problème est ailleurs.

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Il est dans la dépopulation, plus grave que n’importe quel autre pays développé

Et pour deux raisons : d’une part la dénatalité que connaissent aussi d’autres pays comme l’Allemagne ou l’Italie et, dans une moindre mesure, la France.

Mais aussi une espérance de vie catastrophique. Les chiffres sont cruels : l’espérance de vie moyenne d’un Russe est moindre que celle d’un Soudanais ou d’un Bhoutanais. La population russe est aujourd’hui inférieure à ce qu’elle était à la chute de l’URSS il y a 30 ans.

Comment peut faire la Russie pour s’en sortir ?

L’idée, c’est qu’un pays qui a moins d’enfants doit mieux les éduquer pour leur offrir des emplois plus qualifiés dans une économie toujours plus sophistiquée. Or de ce point de vue, la Russie de Vladimir Poutine prend exactement le contrepied.

Alors, on l’a dit, que sa population est très bien éduquée, la Russie compte pour moins de 0,5% des brevets. Alors qu’elle dispose de la 9e plus importante population au monde, elle se classe derrière la Turquie en termes d’exportation de services intellectuels.

Résultat, cette superpuissance énergétique qui fait trembler les marchés mondiaux des matières premières, dont le blé, exporte moins en valeur que… la Belgique ! Autrement dit, la Russie est une pétro-kleptocratie improductive et ingrate pour les siens !

Le plus étonnant c’est que ces chiffres sont connus de tous et avant tout des Russes eux-mêmes. Sans bruit mais résolument, la Russie perd tous les ans entre 300 et 500 000 habitants qui préfèrent l’Occident décadent à la promesse d’un Empire russe retrouvé. Et cette fuite des cerveaux ne cesse de s’aggraver.

Vladimir Poutine connaît aussi ces chiffres

Comme souvent les nationalistes, il est fasciné par le nombre plus que par la qualité. Il fait de drôles d’additions : Russie + Ukraine + Crimée + Biélorussie = le chiffre magique de près de 200 millions d’habitants. Une petite Moldavie en plus, et hop ! On y sera.

Enfin, comme il connait parfaitement ces chiffres et la différence abyssale de richesses et de perspectives entre l’Europe et la Russie, il ne voit qu’un moyen pour la soumettre : la brutaliser.

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L'équipe

Anthony Bellanger
Anthony Bellanger