Troupes françaises en Roumanie dans le cadre du déploiement de l’Otan afin de rassurer les pays voisins de la Russie et de l’Ukraine.
Troupes françaises en Roumanie dans le cadre du déploiement de l’Otan afin de rassurer les pays voisins de la Russie et de l’Ukraine.
Troupes françaises en Roumanie dans le cadre du déploiement de l’Otan afin de rassurer les pays voisins de la Russie et de l’Ukraine. ©AFP - Daniel MIHAILESCU / AFP
Troupes françaises en Roumanie dans le cadre du déploiement de l’Otan afin de rassurer les pays voisins de la Russie et de l’Ukraine. ©AFP - Daniel MIHAILESCU / AFP
Troupes françaises en Roumanie dans le cadre du déploiement de l’Otan afin de rassurer les pays voisins de la Russie et de l’Ukraine. ©AFP - Daniel MIHAILESCU / AFP
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Le Président français se rend en Roumanie et en Moldavie afin de démontrer l’engagement français en soutien à l’Ukraine et à la stabilisation de la région, après les doutes suscités par ses propos sur l’« humiliation » de la Russie.

L’heure du recentrage a sonné. Emmanuel Macron s’envole aujourd’hui pour la Roumanie, puis la Moldavie, deux pays profondément affectés par la guerre en Ukraine. Ce sera l’occasion pour le Président de clarifier sa position qui a semé le trouble sur le continent.
C’est une petite phrase –« il ne faut pas humilier la Russie »- prononcée à deux reprises en quelques semaines, qui a suscité des critiques à l’Est, à commencer par l’incompréhension de l’Ukraine. Comment se soucier de l’humiliation de l’agresseur quand la victime perd 100 à 200 hommes par jour, que des crimes de guerre sont découverts quotidiennement ; quand, surtout, Vladimir Poutine se compare à Pierre Le Grand et ses guerres passées avec la Suède, et ne montre aucune velléité de mettre fin à sa guerre.
Le virage a été amorcé en fin de semaine dernière à l’Élysée, où un discours débarrassé de toute ambiguïté sur le soutien à une « victoire ukrainienne », est venu corriger le tir. Le voyage à l’Est devrait aller dans le même sens.
En se rendant sur le « flanc Est » de l’Europe, Emmanuel Macron entend répondre à ceux qui ont pris prétexte de sa phrase sur l’« humiliation » pour mettre en doute le soutien français à l’Ukraine.
En Roumanie, le Président va rendre visite aux troupes françaises -500 soldats avec un matériel de combat- stationnées dans ce pays en bordure de la mer Noire. Elles y sont dans le cadre des mesures prises par l’Otan pour rassurer les pays de la région.
C’est le paradoxe des doutes sur l’engagement français : des troupes françaises sont présentes en Roumanie et en Estonie, les canons Caesar livrés par la France à l’Ukraine sont passés à l’action sur le front du Donbass, et Paris a plus d’une fois exprimé son soutien politique à Kiev.
Mais la poursuite d’un dialogue sans effets avec Poutine, et ce souci de ménager la Russie, ont valu à Emmanuel Macron le reproche d’être « Munichois », puisque les références historiques surgissent vite.
En Roumanie, membre de l’Otan et de l’UE, mais aussi en Moldavie, ex-république soviétique candidate à l’adhésion, le Président devrait rassurer sur l’engagement de Paris. Il y va de la place et de l’influence de la France dans l’Europe de l’après-guerre d’Ukraine ; car l’Élysée est convaincu que ce qui se joue dans ce conflit dépasse le cadre de la seule Ukraine et même de l’Europe.
Les doutes ont été d’autant plus forts que le Président ne s’est pas encore rendu à Kiev depuis le début de la guerre, contrairement à d’autres Européens. Ce voyage, seul ou en compagnie des dirigeants allemands et italiens, devient nécessaire pour ressouder les rangs européens à la veille d’échéances décisives.
L’UE doit en effet se prononcer sur la candidature de l’Ukraine, et les « 27 » ne sont pas tous sur la même longueur d’onde. La Commission européenne doit rendre un avis en fin de semaine, et le prochain Conseil européen se prononcera fin juin.
C’est donc un moment important, alors que la guerre d’Ukraine s’inscrit dans la durée : la France et l’Europe se doivent d’être à la hauteur de l’enjeu.

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