Boris Johnson en des temps plus heureux, lorsqu’il faisait campagne pour le Brexit en 2016, et remportait le succès qui le mènerait au pouvoir ©AFP - SCOTT HEPPELL / AFP
Boris Johnson en des temps plus heureux, lorsqu’il faisait campagne pour le Brexit en 2016, et remportait le succès qui le mènerait au pouvoir ©AFP - SCOTT HEPPELL / AFP
Boris Johnson en des temps plus heureux, lorsqu’il faisait campagne pour le Brexit en 2016, et remportait le succès qui le mènerait au pouvoir ©AFP - SCOTT HEPPELL / AFP
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Résumé

.Après sa démission, le premier ministre britannique laisse le Brexit en héritage. Celui-ci ne sera pas remis en cause, mais une fois la confusion passée à Londres, il sera temps de rebâtir des liens de confiance entre le Royaume Uni et l’UE, c’est l’intérêt de tous.

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Que retiendra-t-on de Boris Johnson ? Sa « clownerie », que l’hebdomadaire britannique « The Economist » met en couverture cette semaine ? Ou, plus certainement, le Brexit et ses conséquences ?

Boris Johnson n’a pas inventé le Brexit. Mais son ralliement à la campagne du « Leave », pour « quitter » l’Union européenne, lors du référendum de 2016, a donné une caution « mainstream », c’est-à-dire d’un politicien d’un grand parti à une cause qui était a priori plus marginale. Les tenants du Brexit, comme Nigel Farage, n’étaient pas pris au sérieux, à tort peut-être, jusqu’à ce que Boris Johnson mette son poids dans la balance - et emporte la décision.

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Peu importe que Johnson ait promis des « lendemains qui chantent » une fois le Royaume Uni libéré des contraintes de l’UE, et que la plupart de ses promesses aient été mensongères ; cette bascule a changé le destin de l’ancien maire de Londres. Elle a changé, surtout, celui du Royaume Uni, pas forcément pour le meilleur.

Peut-on déjà faire le bilan du Brexit ? Ses partisans disent que c’est trop tôt. Mais un think tank londonien a montré le mois dernier que, confrontée aux mêmes problèmes de Covid et d’environnement international que les autres, l’économie du Royaume Uni post-Brexit s’en sortait plus mal que si le pays était resté au sein de l’UE. Fin 2021, un PIB en baisse de 5%, des investissements à -13%, des échanges commerciaux en diminution de près de 14%...

Roi des illusionnistes, Boris Johnson n’a jamais reconnu le coût que le Brexit avait infligé au pays. Ça lui était d’autant plus difficile qu’il avait surfé sur la vague du Brexit dans son OPA sur le parti conservateur. Peu importe que sa promesse de « Global UK », d’un Royaume uni qui serait reparti à la conquête du monde, se révèle un peu plus compliquée que prévu ; le « système Johnson » était une acrobatie permanente…jusqu’au moment où ça n’a plus fonctionné.

Que se passera-t-il après lui pour le Brexit ? Il y a quelques jours, une déclaration du chef de l’opposition travailliste, Keir Starmer, a surpris : « Que les choses soient claires, a-t-il dit, avec les travaillistes, le Royaume Uni ne retournera pas au sein de l’Union européenne, nous ne reviendrons pas dans le marché unique ou dans l’union douanière ».

Cette déclaration sans appel est sans doute destinée à ne pas réveiller un débat qui divise non seulement le pays, mais à l’intérieur même des familles politiques britanniques. Mais elle montre aussi que le Brexit est là pour rester.

Ce qui peut changer, en revanche, c’est le climat des relations Londres-Bruxelles, ou entre le Royaume Uni et les pays du continent, à commencer par la France. Elles sont aujourd’hui exécrables, la confiance a disparu depuis que Boris Johnson a voulu s’asseoir sur l’une des clauses principales de l’accord négocié avec tant de mal par les deux parties.

Cette confiance peut-elle revenir avec un autre premier ministre ? Il faudra d’abord que le vent de folie qui s’est emparée du parti conservateur retombe : alors peut-être, les liens pourront être de nouveau tissés, c’est dans l’intérêt de tous.