Narendra Modi et Emmanuel Macron ici à Rome le 30 octobre 2021 ©Getty - AM POOL
Narendra Modi et Emmanuel Macron ici à Rome le 30 octobre 2021 ©Getty - AM POOL
Narendra Modi et Emmanuel Macron ici à Rome le 30 octobre 2021 ©Getty - AM POOL
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Résumé

De passage à Paris, Narendra Modi viendra rappeler combien son alliance avec la France est stratégique pour New Delhi. Et c'est plutôt une bonne nouvelle.

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Elle est très importante cette visite de Narendra Modi à Paris. Et pour bien le mesurer, il faut remarquer que le Premier ministre indien sera le 1er dirigeant étranger qu’Emmanuel Macron rencontrera physiquement après sa réélection fin avril.

Pas Olaf Scholz, pas Volodymyr Zelensky mais Narendra Modi et ce, pour une raison simple : l’Inde est devenue sous la présidence d’Emmanuel Macron un partenaire crucial pour la France. On peut même dire que c’est une des seules vraies réussites de politique internationale du 1er mandat d’Emmanuel Macron.

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D’abord, il y a l’évidence : l’Inde a passé avec notre pays quelques-uns de ces plus importants contrats d’armements de ces dernières années. New Dehli ne s’intéresse pas seulement de près à nos centrales nucléaires, elle a acheté 36 Rafales elle a aussi passé commande de sous-marins Scopène.

Ce n’est pas la première fois que l’Inde se tourne vers la France pour diversifier ses sources d’approvisionnement militaire. Sauf que l’importance des contrats en question est venue souligner un pari et une convergence.

Le pari, c’est que l’Inde sera dans les vingt ans à venir une puissance économique et politique majeure et que la France doit accompagner cette montée en puissance. La convergence, c’est deux visions parallèles de la politique étrangère : l’Inde, comme la France, déteste être assignée à un monde binaire.

A Paris comme à New Delhi, on veut parler à tout le monde. Côté français, ça se traduit notamment par la volonté d’Emmanuel Macron de discuter avec Moscou coûte que coûte ; côté indien, par le refus de condamner frontalement l’invasion de l’Ukraine.

Évidemment, les raisons sont très différentes dans les deux capitales. A Paris, en maintenant le dialogue avec la Russie, on veut faire partie de la solution pour l'Europe. Pour New Delhi, c’est plus une affaire de tradition diplomatique et de perpétuelle diversité des alliances.

Reste que Narendra Modi est un dirigeant très contesté : il dirige l’Inde depuis 2014 dans une voie nationaliste hindouiste qui traite les musulmans indiens en citoyens de seconde zone. Il tire un trait en cela sur une tradition politique ancienne, et illustre, d’inclusion des minorités religieuses et sociales.

Mais pour la France, le pari de l’Inde va bien au-delà de la personne de Narendra Modi. Malgré le populisme voire l’autoritarisme de l’actuel Premier ministre, l’Inde reste une démocratie, avec des forces d’opposition toujours puissantes et une presse toujours libre.

C’est cela que la France veut honorer à Paris en recevant un Premier ministre, pour le coup vraiment élu à la loyale… Et c’est si rare de nos jours que ça mérite bien un tapis rouge, non ?

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L'équipe

Anthony Bellanger
Anthony Bellanger