L’usine de batteries électriques Northvolt inaugurée le 29 décembre 2021 à 800 km au nord de Stockholm, première gigafactory d’Europe. ©AFP - Handout / NORTHVOLT / AFP
L’usine de batteries électriques Northvolt inaugurée le 29 décembre 2021 à 800 km au nord de Stockholm, première gigafactory d’Europe. ©AFP - Handout / NORTHVOLT / AFP
L’usine de batteries électriques Northvolt inaugurée le 29 décembre 2021 à 800 km au nord de Stockholm, première gigafactory d’Europe. ©AFP - Handout / NORTHVOLT / AFP
Publicité
Résumé

La technologie change nos vies et les rapports de force mondiaux. La voiture électrique et l’informatique quantique nous donnent deux exemples où l’Europe tente de rattraper son retard.

En savoir plus

La technologie change nos vies ; elle change aussi les rapports de force entre les pays, et entre les ensembles de pays. Quasiment chaque jour nous en fournit de nouveaux exemples, et ceux qui n’y prendraient pas gare courent le risque d’être déclassés, voire vassalisés par ceux qui ont fait les bons choix.

Un exemple nous est donné par l’essor rapide de la voiture électrique ; et un enjeu considérable avec la production des batteries. La Chine a pris un coup d’avance en investissant massivement, au point de produire jusqu’à 80% des batteries au monde.

Publicité

C’est en train de changer, et la carte mondiale de la production de batteries bouge rapidement, sur tous les continents. La semaine dernière, la Suède a inauguré la première gigafactory -c’est le terme consacré- de batteries électriques d’Europe, implantée à 800km au nord de Stockholm par la société Northvolt, fondée en 2016 par des anciens de Tesla. 

Por rattraper le retard, des dizaines de projets d’usines de batteries électriques ont vu le jour sur le continent, avec le soutien financier de la Commission européenne. Bruxelles estime que l’Europe sera autosuffisante en batteries électriques en 2025, ce qui est assez rapide.

La dépendance vis-à-vis de la Chine demeure

Néanmoins, la dépendance vis-à-vis de la Chine demeure en amont, car les minerais utilisés sont aujourd’hui en grande partie contrôlés par des entreprises chinoises. La moitié du cobalt mondial utilisé pour les batteries provient de République démocratique du Congo, où les Chinois sont très actifs, souvent dans des conditions douteuses comme l’a montré un récent scandale baptisé « Congo Hold Up ». Ce minerai est principalement raffiné en Chine. L’Europe s’est réveillée trop tard et tente de développer d’autres approches ; la Chine a assurément démontré sa capacité à anticiper et à investir quand les autres dormaient.

Un autre sujet, encore plus sélectif, est celui de l’informatique quantique, qui permet de réaliser à vitesse accélérée des opérations insolubles pour les ordinateurs actuels, trois minutes contre 10.000 ans pour donner une idée du changement de paradigme. Américains et Chinois font la course en tête.

Le Européens, là encore, tentent de rattraper leur retard : la France a inauguré hier une plateforme nationale de calcul quantique qui sera à la disposition de l’armée comme des industriels et des chercheurs. La ministre des armées Florence Parly expliquait :

cette capacité de calcul phénoménale fera la différence dans les combats de demain. 

C’est le premier fruit d’un investissement d’1,8 milliard d’euros annoncé en début d’année par Emmanuel Macron, une goutte d’eau par rapport aux budgets américains et chinois ; de quoi tout juste rester dans la course. 

Le quantique, comme les autres technologies de rupture, à l’image de l’intelligence artificielle, redessinent la carte des rapports de force mondiaux au XXI° siècle, et donc la définition des normes, les emplois et les dépendances de demain. C’est un enjeu considérable.