Charles Michel (deuxième à partir de la gauche), Président du Conseil européen, lundi 9 mai sur le port d’Odessa, à l’arrêt en raison du blocus russe.
Charles Michel (deuxième à partir de la gauche), Président du Conseil européen, lundi 9 mai sur le port d’Odessa, à l’arrêt en raison du blocus russe.
Charles Michel (deuxième à partir de la gauche), Président du Conseil européen, lundi 9 mai sur le port d’Odessa, à l’arrêt en raison du blocus russe. ©AFP - STRINGER / Ukrainian Prime Minister Press-service / AFP
Charles Michel (deuxième à partir de la gauche), Président du Conseil européen, lundi 9 mai sur le port d’Odessa, à l’arrêt en raison du blocus russe. ©AFP - STRINGER / Ukrainian Prime Minister Press-service / AFP
Charles Michel (deuxième à partir de la gauche), Président du Conseil européen, lundi 9 mai sur le port d’Odessa, à l’arrêt en raison du blocus russe. ©AFP - STRINGER / Ukrainian Prime Minister Press-service / AFP
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Résumé

4,5 millions de tonnes de blé et de maïs attendent dans des silos sur le port d’Odessa, alors que le risque de famine croit dans le monde. Mais Odessa est soumis à un blocus russe, constaté lundi par Charles Michel, le Président du Conseil européen.

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Charles Michel, le Président du Conseil européen, a eu deux surprises en visitant la ville portuaire ukrainienne d’Odessa lundi : la première a été des tirs de missiles russes qui l’ont contraint à se réfugier dans un abri, comme le font les Ukrainiens à chaque alerte. Sept missiles sont tombés sur la ville, détruisant un Centre commercial et faisant un mort.

Mais la seconde surprise est plus significative : Charles Michel a vu des silos pleins de blé et de maïs, 4,5 millions de tonnes de grain prêts à être exportés, à un moment où les prix des produits alimentaires grimpent dans le monde et où l’on redoute des pénuries, voire des famines. Seul problème : la Russie impose un blocus naval, pas un navire n’entre ou ne sort du port d’Odessa.

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C’est la première fois depuis la Seconde guerre mondiale que le port d’Odessa est totalement à l’arrêt, a commenté hier le Président ukrainien Volodymir Zelensky

Il a appelé l’Europe à agir pour permettre ces exportations qui pourraient réduire le risque de crise alimentaire mondiale.

Charles Michel a lui aussi appelé à une « solution globale » pour débloquer la situation provoquée par l’invasion russe de l’Ukraine. Mais ni l’un, ni l’autre n’a indiqué comment faire.

Odessa, la « perle de la mer noire » selon le cliché touristique remontant à l’époque des tsars, fait partie des buts de guerre de Vladimir Poutine.

Le Président russe veut contrôler tout le littoral ukrainien sur la mer d’Azov et la mer Noire, afin de créer une continuité territoriale entre les deux Républiques séparatistes pro-russes du Donbass et la Transnistrie, la région de Moldavie où sont stationnées des troupes russes. Il a conquis la quasi-totalité du port de Marioupol, en mer d’Azov, mais se heurte à Odessa à une défense très bien organisée.

Il n’y a donc que deux manières de lever le blocus d’Odessa

  • La première est la négociation avec la Russie pour qu’elle accepte de laisser sortir ces millions de tonnes de blé et de maïs dont l’Ukraine est l’un des grands producteurs mondiaux. Poutine n’a jamais fait de concessions de ce genre depuis le début de sa guerre, le 24 février, si ce n’est pour laisser sortir des civils à Marioupol ; cette piste parait donc peu vraisemblable. D'autant que l'une des voies pour faire plier l'Ukraine est son étouffement économique, et, selon le FMI, le PIB ukrainien devrait diminuer de 30% cette année, c'est considérable.
  • La deuxième voie est une action militaire internationale : elle est, là aussi, hautement improbable car elle impliquerait la possibilité d’une confrontation avec la marine russe. Les pays de l’OTAN ne s’y risqueront pas.

Tout n’a toutefois pas été tenté. Comment Poutine réagirait-il si la demande de levée du blocus lui était adressée, non pas par les Occidentaux, mais par ceux qui ont le plus besoin de ces livraisons alimentaires, les pays du Sud ?

Hier, l’Iran a annoncé un système de rationnement du pain aux prix subventionnés. Téhéran est l’alliée de Moscou en Syrie, et ne peut pas être soupçonnée de sympathies pro-Américaines… Mais l’Iran comme d’autres pays concernés n’osent pas, ou n’imaginent pas, se mêler de cette crise qui les affecte pourtant directement.

Reste donc l’action des Ukrainiens eux-mêmes pour desserrer l’étau. Ils ont déjà coulé deux navires russes en mer noire, dont le navire amiral Moskva. Face à l’impuissance internationale à débloquer la situation, ce sont les Ukrainiens eux-mêmes qui ont leur destin en main ; ils n’ont pas fini de nous surprendre.