Intervention des secours dans un quartier résidentiel de Kiev, hier, après la chute d’un missile russe.
Intervention des secours dans un quartier résidentiel de Kiev, hier, après la chute d’un missile russe. ©AFP - Genya SAVILOV / AFP
Intervention des secours dans un quartier résidentiel de Kiev, hier, après la chute d’un missile russe. ©AFP - Genya SAVILOV / AFP
Intervention des secours dans un quartier résidentiel de Kiev, hier, après la chute d’un missile russe. ©AFP - Genya SAVILOV / AFP
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Pour la première fois, le territoire polonais, et donc d’un membre de l’Otan, a été frappé par des missiles, tuant deux personnes. L’Otan ne devrait pas considérer l’attaque comme « délibérée », limitant le risque d’escalade. Un incident grave en plein sommet du G20 à Bali, où Poutine est isolé.

C’est à ça que ressemblent les scénarios catastrophes imaginés depuis le début de l’invasion russe de l’Ukraine : une frappe qui touche le territoire d’un pays membre de l’Otan. Ce qui s’est produit hier soir est sans précédent, depuis le début de cette guerre, mais aussi dans l’histoire : même au plus fort des tensions Est-Ouest, aucun territoire de l’Otan n’a été touché.

La réaction est donc très forte depuis hier soir, mais il ne semble pas, selon les informations disponibles, qu’il y ait eu intention de frapper le territoire polonais, ce qui entrainerait une escalade. Les pays de l’Otan se réunissent aujourd’hui au titre de l’Article 4 de la Charte atlantique, qui prévoit des consultations ; ce n’est pas l’article 5 garantissant la solidarité automatique des autres pays-membres.

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Il y aura donc une réaction, d’une manière ou d’une autre, ne serait-ce que pour réaffirmer la réalité de la dissuasion de l’alliance ; mais les États-Unis et leurs alliés prendront bien soin de ne pas aller trop loin, s’ils ont la conviction qu’il s’agit d’un « accident » et pas d’une attaque délibérée. Mais l’avertissement est fort : il montre comment peuvent s’enclencher les escalades et donc l’élargissement de la guerre.

Une page de l’histoire de la guerre d’Ukraine s’est jouée hier, entre Bali et le ciel européen ; entre l’île tropicale où se déroule le Sommet du G20, et les principales villes ukrainiennes, de nouveau confrontées à une pluie de missiles russes.

Une journée commencée par une déclaration du Président ukrainien Zelensky au G20, estimant qu’il était « temps de mettre fin à la guerre »… et qui s’est achevée par la réponse de Moscou venue du ciel.

A Bali, Vladimir Poutine s’est retrouvé plus isolé qu’à aucun moment depuis sa décision fatidique d’envahir l’Ukraine le 24 février dernier. L’absence volontaire de Poutine de ce sommet dans lequel il compte pourtant, en principe, plusieurs pays amis, était déjà annonciateur de cet isolement de la Russie.

La Chine et l’Inde, qui ont refusé jusqu’ici de condamner l’invasion de l’Ukraine, ont pris leur distance à Bali, et on verra comment cela s’exprimera dans la déclaration finale du Sommet aujourd’hui.

Il y avait un enjeu important à ce sommet à voir si les grands pays du Sud restaient campés dans leur neutralité bienveillante vis-à-vis de la Russie, face à l’Occident. Visiblement, les défaites et l’agressivité de Poutine finissent de convaincre ses amis qu’il vaut mieux ne pas couler avec lui.

Quant à l’offre de paix du Président ukrainien, la réponse russe est venue en deux temps : d’abord de Sergei Lavrov, le ministre des Affaires étrangères russe, présent à Bali, qui a qualifié les conditions de Zelensky d’« irréalistes » ; puis, plus brutalement, à coups de missiles.

Il faut dire que Volodymyr Zelensky a posé des conditions à son offre de paix qui s’apparentent à une capitulation russe : le départ des troupes russes et le retour à l’intégrité territoriale ukrainienne, des réparations de guerre, pas de compromis qui laisserait le temps à l’armée russe de se refaire une santé.

Zelensky a voulu montrer, à la demande des Américains, qu’il était ouvert à des négociations. Mais il sait que son armée et sa population, ne sont pas prêtes à céder quoi que ce soit après ce que l’Ukraine a subi depuis neuf mois. Ce ne sont pas les 100 missiles d’hier qui vont les infléchir ; surtout après ce qui s’est passé en Pologne.