La vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, en visite sur un garde-côte philippin, lundi 21 novembre 2022.
La vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, en visite sur un garde-côte philippin, lundi 21 novembre 2022. ©AFP - Haiyun Jiang / POOL / AFP
La vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, en visite sur un garde-côte philippin, lundi 21 novembre 2022. ©AFP - Haiyun Jiang / POOL / AFP
La vice-présidente des États-Unis, Kamala Harris, en visite sur un garde-côte philippin, lundi 21 novembre 2022. ©AFP - Haiyun Jiang / POOL / AFP
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Au lendemain d’un incident entre Philippins et Chinois, la vice-présidente américaine est en visite aux États-Unis pour réaffirmer l’engagement de Washington à défendre ce pays d’Asie du Sud-Est. La mer de Chine du Sud est devenu un enjeu de la rivalité sino-américaine.

Cette visite n’a pas le potentiel explosif de celle de Nancy Pelosi à Taiwan cet été ; mais le déplacement cette semaine de la vice-présidente américaine Kamala Harris dans l’île de Palawan, aux Philippines, en mer de Chine du Sud, n’est pas passé inaperçu.

Nous sommes ici dans l’une des zones les plus explosives de la planète, l’un des points de friction entre la Chine et ses voisins asiatiques, mais aussi avec les États-Unis, omniprésents dans la zone Asie-Pacifique. La visite de Kamala Harris n’avait qu’un seul objet : la Chine.

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Elle arrive à un moment tendu : les autorités philippines viennent de révéler un incident très étonnant qui s’est déroulé la semaine dernière. Un navire philippin avait repéré un morceau du fuselage d’une fusée chinoise retombé en mer, et le remorquait vers son port d’attache, comme l’y autorise le droit de la mer.

Des garde-côtes chinois lui sont tombés dessus, et ont récupéré de force le bout de fusée, là où les juristes font valoir que Pékin aurait pu en demander la restitution à Manille. L’incident sans précédent s’est produit dans une zone contestée de la mer de Chine du Sud.

Les États-Unis se posent en protecteur des pays d’Asie du Sud-Est qui redoutent que leur imposant voisin chinois -1,4 milliard d’habitants, deuxième économie mondiale-, ne leur impose sa loi.

Pékin revendique en effet la souveraineté sur la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, en invoquant une « ligne en neuf traits » figurant sur d’anciennes cartes. Cette interprétation est contestée par la plupart des pays riverains avec lesquels la Chine a des différends, Philippines, Vietnam, Brunei, Indonésie, Malaisie, et évidemment Taiwan… La Chine a occupé ces dernières années des îlots, ou même de simples rochers, qu’elle a transformés en véritables bases aéronavales.

Carte des zones disputées de la mer de Chine du Sud.
Carte des zones disputées de la mer de Chine du Sud.
© AFP - Gal ROMA, Thierry TRANCHANT / AFP

Les Philippines constituent un cas d’école puisque c’est le seul pays à avoir porté plainte devant un tribunal international spécialisé : Manille a obtenu que la Chine soit condamnée. Mais Pékin a refusé de reconnaître le jugement.

Kamala Harris a été très claire lundi à Palawan : « une attaque contre les forces armées philippines en mer de Chine du Sud mettrait en action les accords de défense » entre les deux pays. Les États-Unis vont d’ailleurs étendre leurs implantations militaires aux Philippines, en particulier dans l’île de Palawan où se trouvait Kamala Harris.

Le nouveau président philippin, Ferdinand Marcos Junior, fils de l’ancien dictateur dont il porte le nom et le prénom, a adopté une ligne plus dure face à la Chine que son prédécesseur Rodrigo Duterte.

Américains et Chinois tentent de négocier des garde-fous à leur rivalité. Joe Biden et Xi Jinping en ont parlé la semaine dernière en marge du G20 de Bali. Première application, leurs ministres de la défense se sont vus en début de semaine au Cambodge.

Les pays d’Asie du Sud-Est assistent inquiets à cette montée des tensions et à la militarisation rapide de la zone. Ils ne veulent pas de la guerre froide qui s’installe, car ils veulent garder des liens économiques avec la Chine ; mais tiennent à la présence américaine, seule susceptible de faire contrepoids à la tentation hégémonique chinoise. La mer de Chine du Sud est donc l’un des multiples « fronts » de la rivalité sino-américaine.