Joe Biden a quitté hier le Japon après une réunion régionale du Quad, pendant laquelle les avions chinois et russes ont survolé la mer du Japon.
Joe Biden a quitté hier le Japon après une réunion régionale du Quad, pendant laquelle les avions chinois et russes ont survolé la mer du Japon.
Joe Biden a quitté hier le Japon après une réunion régionale du Quad, pendant laquelle les avions chinois et russes ont survolé la mer du Japon. ©AFP - akehiko Suzuki / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP
Joe Biden a quitté hier le Japon après une réunion régionale du Quad, pendant laquelle les avions chinois et russes ont survolé la mer du Japon. ©AFP - akehiko Suzuki / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP
Joe Biden a quitté hier le Japon après une réunion régionale du Quad, pendant laquelle les avions chinois et russes ont survolé la mer du Japon. ©AFP - akehiko Suzuki / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP
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Résumé

Le survol de la Mer du Japon par des bombardiers chinois et russes durant la visite de Joe Biden a été vécu comme une provocation. Pour autant, les États-Unis font face à deux guerres froides distinctes avec Pékin et Moscou, pas une seule.

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Alors que Joe Biden était réuni hier à Tokyo avec ses alliés de la région, la Chine et la Russie ont fait une démonstration de force inédite : des bombardiers stratégiques des deux pays, c’est-à-dire des appareils susceptibles de porter des armes nucléaires, ont effectué un survol de la zone d’identification de défense aérienne du Japon.

Des avions militaires sud-coréens et japonais ont aussitôt décollé pour les tenir à distance. Il ne s’agissait officiellement que de « manœuvres aériennes » des deux pays, et les avions n’ont pas pénétré l’espace aérien japonais. Rien de dangereux, donc. Mais c’est évidemment un geste symbolique très puissant en direction des États-Unis et de leurs alliés.

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La question est de savoir ce que ce symbole-là signifie ; quel est le signal qu’ont voulu envoyer les deux pays en venant défier le Président américain en pleine guerre d’Ukraine. Avec cette question qui hante les Occidentaux : les États-Unis font-ils face à une ou deux crises séparées ? Un axe Moscou-Pékin ? Ou deux guerres froides distinctes, l’une avec la Russie, l’autre avec la Chine ?

Malgré ce déploiement aérien commun, il n’y a pas d’alliance militaire entre la Chine et la Russie. Il y a une posture commune, ce sont deux pays dits « révisionnistes », c’est-à-dire qu’ils contestent une organisation du monde conçue et toujours dominée par les Occidentaux.

Ils ont également des échanges politiques, économiques, militaires qui n’ont fait que croitre depuis 2014, l’année des premières sanctions occidentales contre la Russie, après l’annexion de la Crimée ; mais ils ont aussi beaucoup de différences ; et, malgré les apparences, la Chine n’est pas particulièrement heureuse de la guerre déclenchée par Vladimir Poutine qui perturbe l’économie mondiale. Elle fait très attention à ne pas risquer de se voir infliger des sanctions secondaires américaines en cas d’aide trop visible à la Russie ; au point que certains officiels russes ne cachent pas une certaine amertume.

Le scénario catastrophe aurait été deux guerres concomitantes, celle de la Russie contre l’Ukraine, et une invasion de Taiwan par la Chine, par exemple. Cela ne s’est pas produit et c’était même assez invraisemblable.

Cela ne fait pas pour autant de la Chine un partenaire des États-Unis ; bien au contraire, la rencontre de Tokyo entre Joe Biden et les dirigeants du Quad, une coordination avec l’Australie, l’Inde et le Japon, montre bien que les Américains continuent de traiter Pékin comme leur rival numéro un au 21ème siècle.

Washington doit donc traiter deux guerres froides parallèles, avec Moscou et avec Pékin, qui peuvent parfois se recouper, mais qui appellent des réponses distinctes, militaires, économiques ou diplomatiques.

C’est toute la complexité de la période de tensions actuelle, qui ne reproduit pas la première guerre froide entre les États-Unis et l’URSS ; mais lui emprunte sa grammaire et sa théâtralisation. C’est ça, aussi, le message des avions russes et chinois au-dessus de la mer du Japon.